Voici l'histoire de l'Anneau Unique, du point de vue de trois nouveaux alliés de la Communauté. Ce 24 Octobre, ce jour où Frodon s'éveilla dans demeure d'Elrond, les du Grand Conseil se réunissaient. Les peuples de la Terre du Milieu étaient tous concernés, ils se devaient donc de se rassembler. Elrond avait fait parvenir trois missives spéciales : l'une sur les Terres Immortelles se trouvant à l'extrême Est ; une à la Forêt de Cristal bordant les falaises oubliées de Tellehm'il et une dernière au peuple Amazoniens des terres du feu, seuls alliés du bien de l'extrême Sud. Le seigneur elfe espérait de tout son être que sa vision se révèlerait exacte et que des représentants de ces races se joindraient au rassemblement. Il scrutait la place centrale, Gandalf à ses côtés. Il vit d'abord Boromir, fils aîné de l'Intendant du Gondor. Puis les ambassadeurs elfes, le prince Legolas du Royaume Sylvestre à leur tête, franchirent l'arcade. Elrond attendit patiemment. Gandalf observa le visage de son ami dont le front se plissait sous l'inquiétude. Les heures s'écoulèrent. Le magicien gris posa une main ridé sur l'épaule du roi, qui tressaillit. Ainsi, aucunes des trois missives n'avaient porté ses fruits. Il soupira et prit la direction du Conseil. S'asseyant face à l'assemblée, Elrond entama son discours :
« Etrangers venus de terres lointaines, amis de toujours, vous vous êtes rassemblés ici afin de répondre à la menace du Mordor. La Terre du Milieu est au bord de la destruction. Nul ne peut y échapper. Vous vous unirez ou vous serez vaincus. Chaque race est liée à ce destin, à ce sort commun. Montrez-leur l'Anneau, Frodon... »
Sur ces mots, Elrond désigna un socle de pierre qui s'élevait face au Conseil. Ledit Frodon, jeune hobbit aux cheveux bouclés, à la peau pâle, et des yeux bleus brillant d'un éclat d'inquiétude, s'avança parmi eux. Il déposa l'Anneau Unique sur la dalle.
- Alors c'est vrai, murmura Boromir.
Tous les regards se fixèrent sur l'entité maléfique. Peur, adoration et malaise se mêlèrent parmi chaque groupe, chacun cherchant en vain à détourner son attention.
- Cet anneau est un don, continua Boromir avant de déclarer plus fort, un don fait aux ennemis du Mordor. Pourquoi ne pas s'en servir ? Depuis longtemps mon père, l'Intendant du Gondor, a tenu à distance les forces du Mordor ! C'est grâce au sang de notre peuple que vos terres sont encore en sécurité !
Aucun d'entre eux n'osa interrompre la tirade. En réalité, tous s'apprêtaient à quémander l'Anneau pour le bénéfice de sa propre race. Ne se trouvant face à aucune opposition, l'homme persévéra dans sa demande.
- Donnez au Gondor l'arme de notre ennemi, et laissez nous l'utiliser contre lui !
- On ne peut le contrôler, aucun d'entre nous ne le peut.
Boromir jaugea un bref instant celui qui cherchait à détruire ses beaux projets de conquête. C'était un de sa race. Sa tenue était celle des mercenaires, défiant l'aristocratie. Il se souvint l'avoir remarqué tantôt et s'était attendu à une objection de sa part tout moment.
- L'Anneau Unique ne répond qu'à Sauron, expliqua le rôdeur, il n'a pas d'autres maîtres.
La réponse fusa, cinglante :
- Et qu'est-ce qu'un rôdeur connaît à ces choses là ?
- Ce n'est pas un simple rôdeur ! s'exclama Legolas, c'est Aragorn, fils d'Arathorn. Vous lui devez serment d'allégeance.
Le dégoût et le mépris de Boromir s'effacèrent alors qu'il découvrait l'identité de son opposant.
- Aragorn ? s'étonna-t-il, le descendant d'Isildur ?
Aragorn ne répondit pas, se contentant de relever dignement le menton. Ses yeux trahirent une certaine méfiance. Legolas reprit à sa place, complétant ainsi la phrase de Boromir :
- Et l'héritier du trône du Gondor.
En elfique, Aragorn pria Legolas se s'asseoir. La haine de Boromir se fit de nouveau sentir, prenant le dessus sur le respect qu'il devait à son seigneur.
- Le Gondor n'a pas de roi, assena-t-il, il n'en a pas besoin.
Boromir se rassit. Un silence pesant s'installa, durant lequel le Conseil observa le prétendant au trône. Ce fut Gandalf qui interrompit la trêve.
- Aragorn a raison. Nous ne pouvons l'utiliser.
Sur ces mots, des hennissements parvinrent de la cours pavée. L'assemblée se leva d'un même mouvement, s'approchant de la balustrade. Le c½ur d'Elrond eu un raté tandis que des sabots martelaient la cours de Foncomb. Il rejoignit les autres, découvrant trois chevaux qui se stoppèrent au bas des escaliers. Sur l'un d'eux se tenait une femme, une chevelure flamboyante reposant sur ses épaules dénudées. Elle était légèrement vêtue à l'instar des deux autres cavalières qui l'accompagnaient, mais ces dernières avaient la peau mâte contrairement à leur chef. Celle-ci leva deux magnifiques yeux dorés en direction du Conseil et cria :
- Désolée du retard Seigneur Elrond ! Nous avons été pourchassées durant notre voyage, mais nous voilà enfin.
Après avoir conduit leurs montures dans les écuries, le petit groupe se joignit au reste du Conseil. Elrond s'approcha de la rouquine.
- Thrylia, souffla-t-il, j'ai cru que vous ne viendriez plus...
- Les Amazones ont toujours été vos alliées, se contenta de répondra la jeune femme, j'ai également reçu des nouvelles de Tellehm'il...
L'elfe fronça les sourcils, le Conseil restait attentif à la discussion. Ils ignoraient pas mal de choses sur les Amazones et Tellehm'il, mais savaient que la tribu d'Thrylia se situait sur un continent allié à Sauron.
- L'ennemi aurait percé les défenses du roi Low, annonça l'Amazone aux cheveux de feu, le peuple part pour les Terres Immortelles.
- Nous ne pourrons donc pas compter sur le renfort des elfes noirs, conclut Elrond.
- Pas tout à fait. Des rumeurs disent qu'une légion menée par la princesse serait partie pour Foncomb voilà cinq jours.
Gandalf calcula. Cela voudrait dire qu'elle arriverait à Foncomb d'ici peu de temps. Il eut un faible sourire, heureux de voir qu'Elrond avait toutes les cartes en main. Un hurlement se fit entendre. Des loups aussi hauts que des chevaux pénétrèrent dans l'enceinte de la citée. Ils étaient montés par des silhouettes encapuchonnées de soie blanche. L'une d'elles fit signe à ses compagnons de s'écarter. Bientôt une ombre surplomba l'assemblée. Tous se redressèrent et fixèrent le ciel. Quatre immenses créatures bloquaient les rayons du soleil. Etait-ce les Nazgûls ? Gandalf se jeta sur Frodon qui récupéra l'Anneau. Le magicien fut soulagé lorsqu'il constata qu'il s'agissait uniquement des aigles. Les inconnus qui chevauchaient les loups grimpèrent les escaliers, immités par ceux portés par les volatiles. Une voix cristalline et douce s'éleva :
- Quelques minutes de plus et nous ne nous en tirions pas, merci !
- Disons que les remerciements sont partagés !
- Soit.
Deux groupes distincts apparurent dans le cercle du Conseil. Les formes blanches retirèrent leurs capuchons. Il n'y avait qu'une femme parmi eux. Le diadème qui cernait son front témoignait de son grade. Elle inclina légèrement la tête et quelques mèches brunes lui tombèrent devant les yeux.
- Elrond de Foncomb, dit-elle.
- Isenia de Tellehm'il...
Relevant la tête, elle sourit. Le seigneur lui rendit la politesse. L'autre troupe, portant des vêtements de soie et de lin brillant, retirèrent le masque qui cachait la partie inférieure de leur visage. Il s'agissait de trois hommes et d'une femme, leur origine de l'Est se lisant à travers leur peau tirée, la fluidité de leurs cheveux d'un noir de jais et leurs paupières bridées. Elrond s'adressa aux premiers arrivants du Conseil.
- Peu d'entre vous ont déjà eu le privilège de fréquenter les peuples du Sud, voici trois de leurs représentants dont Thrylia Fallir'Ha, capitaine des forces armées. Voici également la princesse Isenia. Les terres des Elfes Noirs nous ont toujours été cachées, ainsi que leur cité, bien qu'elle se trouve en Terre du Milieu. Voici ensuite nos cousins de l'Est... les enfants de l'Empereur oriental des mages blancs : Pelahan, Celac, Wiraric et Hathiel. Ainsi...tous autant que vous êtes, sachez que vous n'avez pas le choix : L'Anneau doit être détruit.
Tous se regardèrent. Ils attendirent que quelqu'un se lève, fasse preuve d'un simple brin de courage. Une voix bourrue brisa le silence.
- Qu'attendons nous pour le faire ?
Le nain Gimli se dressa , brandissant sa hache. Hathiel, plus petite qu'Isenia d'une tête, s'accrocha au bras de cette dernière.
- Il ne va quand même pas... ?! souffla-t-elle.
Et pourtant si ! Gimli abattit son arme sur l'Anneau. Elle explosa littéralement. Elrond informa calmement qu'ils ne possédaient aucun moyen de détruire l'Anneau en l'état actuel. Il fallait le jeter dans les flammes de la Montagne du Destin.
- On n'entre pas si facilement en Mordor, intervint Boromir, c'est pure folie.
Cette remarque déclencha les hostilités. Tous se mirent à s'entre déchirer. Les répliques étaient cinglantes et bien placées. La tension montait et l'on voyait bien que l'aura négative de l'Anneau y était pour beaucoup. Frodon était hypnotisé par les flammes maléfiques qui dansaient devant ses yeux. Elles lui parlaient dans une langue étrange, le poussant à la violence. Il lui fallut toute sa volonté pour s'arracher à l'emprise démoniaque.
- Je vais le faire ! cria-t-il, je vais porter l'Anneau en Mordor.
Alors que tous se taisaient et fixaient le semi-homme, Gandalf soupira.
- Bien que je n'en connaisse pas le moyen, avoua Frodon.
- Je vais vous aider à porter ce fardeau, Frodon Sacquet, intervint Gandalf, aussi longtemps que vous aurez à le porter.
Aragorn se leva, captant à son tour l'attention. Il s'agenouilla.
- Si par ma vie ou ma mort je peux vous protéger, je le ferais. Mon épée est vôtre.
- Et mon arc est vôtre, déclara Legolas.
- Et ma hache...
Sur ces mots, Gimli vint se placer à leurs côtés, jetant un regard ironique à son camarade elfe. Boromir s'avança à son tour.
- Vous avez notre destin à tous entre les mains petit homme, dit-il, et si telle est la volonté du Conseil, le Gondor se joindra à vous.
- Hé ! fit une voix derrière les buissons bordant la terrasse, Monsieur Frodon n'ira nulle part sans moi !
Un autre semi-homme les avait rejoins et croisait les bras, l'air décidé.
- Oui en effet il n'est guère possible de vous séparer, constata Elrond, et cela même lorsqu'il est convoqué à un conseil secret et vous non...
- Oh ! Nous venons aussi !
Deux têtes frisées passèrent entre les princes Wiraric et Pelahan, sous le regard courroucé d'Elrond. Merry et Pippin se postèrent près de Sam et Frodon.
- faudrait nous renvoyer attachés dans un sac pour nous en empêcher, fit Merry.
- Quoi qu'il en soit, intervint Pippin, vous avez besoin de gens intelligent pour ce genre de mission, quête...chose.
- Alors là ça te met « hors course » Pippin, lui souffla son cousin.
Isenia s'avança. Resplendissante, elle ne devait pas se douter de l'effet qu'elle produisait dans l'assistance. Ses yeux bleus cristal rencontrèrent ceux du Porteur de l'Anneau. Ce dernier déglutit.
- La magie curative de mon peuple pourrait vous être utile, confia-t-elle, je remplierai la mission qui est la mienne en restant à vos côtés.
Elle se tourna vers le groupe venant de l'Est. Elrond soutint le regard des princes qui ne semblaient pas vouloir intervenir. Wiraric fronça les sourcils.
- Notre père a besoin de nous, dit-il, nous commandons ses troupes.
- Il ne peut se passer d'aucun de nous, ajouta Pelahan.
- Il pourrait, commença Hathiel, ... se passer de moi ?
Les trois frères commençaient à partir, ils se tournèrent vers leur s½ur d'un même mouvement. Celac, le plus âgé, s'approcha de sa cadette. La réponse tomba comme un couperet.
- Non.
- Pourquoi ? s'étonna Isenia, défiant les trois princes du regard, pourquoi Hathiel devrait-elle restait en arrière pendant que vous partez au devant du danger...
- Wiraric, interpella Gandalf, je m'interroge sur vos raisons...
Les deux plus jeunes princes parurent des plus gênés. L'aîné posa une main sur l'épaule de sa s½ur, en signe de protection.
- Vous êtes déjà nombreux, pourquoi risquer sa vie inutilement ?
Hathiel fronça les sourcils. Elle se dégagea sèchement, rejoignant Isenia.
- C'était donc pour cela, fit pensivement l'elfe, elle a suivis le même entraînement que vous. De plus, elle est libre. Aucun d'entre vous ne la retiendra. Hathiel, que choisissez-vous ?
- M'acceptez-vous comme compagnon ? s'enquit la mage blanche auprès de Frodon.
Le hobbit fixa un instant la jeune femme. Elle le suppliait presque du regard. Il n'hésita que peu de temps.
- Oui Dame Hathiel, prêtez-nous vos forces.
- Alors c'est ainsi, souffla Pelahan.
- Oui mon frère, approuva la princesse, et il n'en sera pas autrement.
Thrylia prit la parole, après avoir brièvement discuté avec ses deux compatriotes. Elle mit les poings sur les hanches.
- J'espère que vous n'avez pas peur d'être dominé, dit-elle, car j'ai pour habitude de n'être soumise à personne !
Elle éclata de rire et se joignit aux autres. Elrond les dévisagea. Quelle compagnie hétérogène !
- Douze compagnons, constata-t-il, qu'il en soit ainsi. Vous formerez la Communauté de l'Anneau.
- Chouette ! s'extasia Pippin, où est-ce qu'on va ?
« Etrangers venus de terres lointaines, amis de toujours, vous vous êtes rassemblés ici afin de répondre à la menace du Mordor. La Terre du Milieu est au bord de la destruction. Nul ne peut y échapper. Vous vous unirez ou vous serez vaincus. Chaque race est liée à ce destin, à ce sort commun. Montrez-leur l'Anneau, Frodon... »
Sur ces mots, Elrond désigna un socle de pierre qui s'élevait face au Conseil. Ledit Frodon, jeune hobbit aux cheveux bouclés, à la peau pâle, et des yeux bleus brillant d'un éclat d'inquiétude, s'avança parmi eux. Il déposa l'Anneau Unique sur la dalle.
- Alors c'est vrai, murmura Boromir.
Tous les regards se fixèrent sur l'entité maléfique. Peur, adoration et malaise se mêlèrent parmi chaque groupe, chacun cherchant en vain à détourner son attention.
- Cet anneau est un don, continua Boromir avant de déclarer plus fort, un don fait aux ennemis du Mordor. Pourquoi ne pas s'en servir ? Depuis longtemps mon père, l'Intendant du Gondor, a tenu à distance les forces du Mordor ! C'est grâce au sang de notre peuple que vos terres sont encore en sécurité !
Aucun d'entre eux n'osa interrompre la tirade. En réalité, tous s'apprêtaient à quémander l'Anneau pour le bénéfice de sa propre race. Ne se trouvant face à aucune opposition, l'homme persévéra dans sa demande.
- Donnez au Gondor l'arme de notre ennemi, et laissez nous l'utiliser contre lui !
- On ne peut le contrôler, aucun d'entre nous ne le peut.
Boromir jaugea un bref instant celui qui cherchait à détruire ses beaux projets de conquête. C'était un de sa race. Sa tenue était celle des mercenaires, défiant l'aristocratie. Il se souvint l'avoir remarqué tantôt et s'était attendu à une objection de sa part tout moment.
- L'Anneau Unique ne répond qu'à Sauron, expliqua le rôdeur, il n'a pas d'autres maîtres.
La réponse fusa, cinglante :
- Et qu'est-ce qu'un rôdeur connaît à ces choses là ?
- Ce n'est pas un simple rôdeur ! s'exclama Legolas, c'est Aragorn, fils d'Arathorn. Vous lui devez serment d'allégeance.
Le dégoût et le mépris de Boromir s'effacèrent alors qu'il découvrait l'identité de son opposant.
- Aragorn ? s'étonna-t-il, le descendant d'Isildur ?
Aragorn ne répondit pas, se contentant de relever dignement le menton. Ses yeux trahirent une certaine méfiance. Legolas reprit à sa place, complétant ainsi la phrase de Boromir :
- Et l'héritier du trône du Gondor.
En elfique, Aragorn pria Legolas se s'asseoir. La haine de Boromir se fit de nouveau sentir, prenant le dessus sur le respect qu'il devait à son seigneur.
- Le Gondor n'a pas de roi, assena-t-il, il n'en a pas besoin.
Boromir se rassit. Un silence pesant s'installa, durant lequel le Conseil observa le prétendant au trône. Ce fut Gandalf qui interrompit la trêve.
- Aragorn a raison. Nous ne pouvons l'utiliser.
Sur ces mots, des hennissements parvinrent de la cours pavée. L'assemblée se leva d'un même mouvement, s'approchant de la balustrade. Le c½ur d'Elrond eu un raté tandis que des sabots martelaient la cours de Foncomb. Il rejoignit les autres, découvrant trois chevaux qui se stoppèrent au bas des escaliers. Sur l'un d'eux se tenait une femme, une chevelure flamboyante reposant sur ses épaules dénudées. Elle était légèrement vêtue à l'instar des deux autres cavalières qui l'accompagnaient, mais ces dernières avaient la peau mâte contrairement à leur chef. Celle-ci leva deux magnifiques yeux dorés en direction du Conseil et cria :
- Désolée du retard Seigneur Elrond ! Nous avons été pourchassées durant notre voyage, mais nous voilà enfin.
Après avoir conduit leurs montures dans les écuries, le petit groupe se joignit au reste du Conseil. Elrond s'approcha de la rouquine.
- Thrylia, souffla-t-il, j'ai cru que vous ne viendriez plus...
- Les Amazones ont toujours été vos alliées, se contenta de répondra la jeune femme, j'ai également reçu des nouvelles de Tellehm'il...
L'elfe fronça les sourcils, le Conseil restait attentif à la discussion. Ils ignoraient pas mal de choses sur les Amazones et Tellehm'il, mais savaient que la tribu d'Thrylia se situait sur un continent allié à Sauron.
- L'ennemi aurait percé les défenses du roi Low, annonça l'Amazone aux cheveux de feu, le peuple part pour les Terres Immortelles.
- Nous ne pourrons donc pas compter sur le renfort des elfes noirs, conclut Elrond.
- Pas tout à fait. Des rumeurs disent qu'une légion menée par la princesse serait partie pour Foncomb voilà cinq jours.
Gandalf calcula. Cela voudrait dire qu'elle arriverait à Foncomb d'ici peu de temps. Il eut un faible sourire, heureux de voir qu'Elrond avait toutes les cartes en main. Un hurlement se fit entendre. Des loups aussi hauts que des chevaux pénétrèrent dans l'enceinte de la citée. Ils étaient montés par des silhouettes encapuchonnées de soie blanche. L'une d'elles fit signe à ses compagnons de s'écarter. Bientôt une ombre surplomba l'assemblée. Tous se redressèrent et fixèrent le ciel. Quatre immenses créatures bloquaient les rayons du soleil. Etait-ce les Nazgûls ? Gandalf se jeta sur Frodon qui récupéra l'Anneau. Le magicien fut soulagé lorsqu'il constata qu'il s'agissait uniquement des aigles. Les inconnus qui chevauchaient les loups grimpèrent les escaliers, immités par ceux portés par les volatiles. Une voix cristalline et douce s'éleva :
- Quelques minutes de plus et nous ne nous en tirions pas, merci !
- Disons que les remerciements sont partagés !
- Soit.
Deux groupes distincts apparurent dans le cercle du Conseil. Les formes blanches retirèrent leurs capuchons. Il n'y avait qu'une femme parmi eux. Le diadème qui cernait son front témoignait de son grade. Elle inclina légèrement la tête et quelques mèches brunes lui tombèrent devant les yeux.
- Elrond de Foncomb, dit-elle.
- Isenia de Tellehm'il...
Relevant la tête, elle sourit. Le seigneur lui rendit la politesse. L'autre troupe, portant des vêtements de soie et de lin brillant, retirèrent le masque qui cachait la partie inférieure de leur visage. Il s'agissait de trois hommes et d'une femme, leur origine de l'Est se lisant à travers leur peau tirée, la fluidité de leurs cheveux d'un noir de jais et leurs paupières bridées. Elrond s'adressa aux premiers arrivants du Conseil.
- Peu d'entre vous ont déjà eu le privilège de fréquenter les peuples du Sud, voici trois de leurs représentants dont Thrylia Fallir'Ha, capitaine des forces armées. Voici également la princesse Isenia. Les terres des Elfes Noirs nous ont toujours été cachées, ainsi que leur cité, bien qu'elle se trouve en Terre du Milieu. Voici ensuite nos cousins de l'Est... les enfants de l'Empereur oriental des mages blancs : Pelahan, Celac, Wiraric et Hathiel. Ainsi...tous autant que vous êtes, sachez que vous n'avez pas le choix : L'Anneau doit être détruit.
Tous se regardèrent. Ils attendirent que quelqu'un se lève, fasse preuve d'un simple brin de courage. Une voix bourrue brisa le silence.
- Qu'attendons nous pour le faire ?
Le nain Gimli se dressa , brandissant sa hache. Hathiel, plus petite qu'Isenia d'une tête, s'accrocha au bras de cette dernière.
- Il ne va quand même pas... ?! souffla-t-elle.
Et pourtant si ! Gimli abattit son arme sur l'Anneau. Elle explosa littéralement. Elrond informa calmement qu'ils ne possédaient aucun moyen de détruire l'Anneau en l'état actuel. Il fallait le jeter dans les flammes de la Montagne du Destin.
- On n'entre pas si facilement en Mordor, intervint Boromir, c'est pure folie.
Cette remarque déclencha les hostilités. Tous se mirent à s'entre déchirer. Les répliques étaient cinglantes et bien placées. La tension montait et l'on voyait bien que l'aura négative de l'Anneau y était pour beaucoup. Frodon était hypnotisé par les flammes maléfiques qui dansaient devant ses yeux. Elles lui parlaient dans une langue étrange, le poussant à la violence. Il lui fallut toute sa volonté pour s'arracher à l'emprise démoniaque.
- Je vais le faire ! cria-t-il, je vais porter l'Anneau en Mordor.
Alors que tous se taisaient et fixaient le semi-homme, Gandalf soupira.
- Bien que je n'en connaisse pas le moyen, avoua Frodon.
- Je vais vous aider à porter ce fardeau, Frodon Sacquet, intervint Gandalf, aussi longtemps que vous aurez à le porter.
Aragorn se leva, captant à son tour l'attention. Il s'agenouilla.
- Si par ma vie ou ma mort je peux vous protéger, je le ferais. Mon épée est vôtre.
- Et mon arc est vôtre, déclara Legolas.
- Et ma hache...
Sur ces mots, Gimli vint se placer à leurs côtés, jetant un regard ironique à son camarade elfe. Boromir s'avança à son tour.
- Vous avez notre destin à tous entre les mains petit homme, dit-il, et si telle est la volonté du Conseil, le Gondor se joindra à vous.
- Hé ! fit une voix derrière les buissons bordant la terrasse, Monsieur Frodon n'ira nulle part sans moi !
Un autre semi-homme les avait rejoins et croisait les bras, l'air décidé.
- Oui en effet il n'est guère possible de vous séparer, constata Elrond, et cela même lorsqu'il est convoqué à un conseil secret et vous non...
- Oh ! Nous venons aussi !
Deux têtes frisées passèrent entre les princes Wiraric et Pelahan, sous le regard courroucé d'Elrond. Merry et Pippin se postèrent près de Sam et Frodon.
- faudrait nous renvoyer attachés dans un sac pour nous en empêcher, fit Merry.
- Quoi qu'il en soit, intervint Pippin, vous avez besoin de gens intelligent pour ce genre de mission, quête...chose.
- Alors là ça te met « hors course » Pippin, lui souffla son cousin.
Isenia s'avança. Resplendissante, elle ne devait pas se douter de l'effet qu'elle produisait dans l'assistance. Ses yeux bleus cristal rencontrèrent ceux du Porteur de l'Anneau. Ce dernier déglutit.
- La magie curative de mon peuple pourrait vous être utile, confia-t-elle, je remplierai la mission qui est la mienne en restant à vos côtés.
Elle se tourna vers le groupe venant de l'Est. Elrond soutint le regard des princes qui ne semblaient pas vouloir intervenir. Wiraric fronça les sourcils.
- Notre père a besoin de nous, dit-il, nous commandons ses troupes.
- Il ne peut se passer d'aucun de nous, ajouta Pelahan.
- Il pourrait, commença Hathiel, ... se passer de moi ?
Les trois frères commençaient à partir, ils se tournèrent vers leur s½ur d'un même mouvement. Celac, le plus âgé, s'approcha de sa cadette. La réponse tomba comme un couperet.
- Non.
- Pourquoi ? s'étonna Isenia, défiant les trois princes du regard, pourquoi Hathiel devrait-elle restait en arrière pendant que vous partez au devant du danger...
- Wiraric, interpella Gandalf, je m'interroge sur vos raisons...
Les deux plus jeunes princes parurent des plus gênés. L'aîné posa une main sur l'épaule de sa s½ur, en signe de protection.
- Vous êtes déjà nombreux, pourquoi risquer sa vie inutilement ?
Hathiel fronça les sourcils. Elle se dégagea sèchement, rejoignant Isenia.
- C'était donc pour cela, fit pensivement l'elfe, elle a suivis le même entraînement que vous. De plus, elle est libre. Aucun d'entre vous ne la retiendra. Hathiel, que choisissez-vous ?
- M'acceptez-vous comme compagnon ? s'enquit la mage blanche auprès de Frodon.
Le hobbit fixa un instant la jeune femme. Elle le suppliait presque du regard. Il n'hésita que peu de temps.
- Oui Dame Hathiel, prêtez-nous vos forces.
- Alors c'est ainsi, souffla Pelahan.
- Oui mon frère, approuva la princesse, et il n'en sera pas autrement.
Thrylia prit la parole, après avoir brièvement discuté avec ses deux compatriotes. Elle mit les poings sur les hanches.
- J'espère que vous n'avez pas peur d'être dominé, dit-elle, car j'ai pour habitude de n'être soumise à personne !
Elle éclata de rire et se joignit aux autres. Elrond les dévisagea. Quelle compagnie hétérogène !
- Douze compagnons, constata-t-il, qu'il en soit ainsi. Vous formerez la Communauté de l'Anneau.
- Chouette ! s'extasia Pippin, où est-ce qu'on va ?


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