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Aka Sugar Rings

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akasugar-rings

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Les Aka Sugar rejoignent :


Le Seigneur des Anneaux...
Que nos jeunes damoiselles rejoignent la Communauté...
Que la quête commence !
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Chapitre 1 [Pix : Isenia]




Voici l'histoire de l'Anneau Unique, du point de vue de trois nouveaux alliés de la Communauté. Ce 24 Octobre, ce jour où Frodon s'éveilla dans demeure d'Elrond, les du Grand Conseil se réunissaient. Les peuples de la Terre du Milieu étaient tous concernés, ils se devaient donc de se rassembler. Elrond avait fait parvenir trois missives spéciales : l'une sur les Terres Immortelles se trouvant à l'extrême Est ; une à la Forêt de Cristal bordant les falaises oubliées de Tellehm'il et une dernière au peuple Amazoniens des terres du feu, seuls alliés du bien de l'extrême Sud. Le seigneur elfe espérait de tout son être que sa vision se révèlerait exacte et que des représentants de ces races se joindraient au rassemblement. Il scrutait la place centrale, Gandalf à ses côtés. Il vit d'abord Boromir, fils aîné de l'Intendant du Gondor. Puis les ambassadeurs elfes, le prince Legolas du Royaume Sylvestre à leur tête, franchirent l'arcade. Elrond attendit patiemment. Gandalf observa le visage de son ami dont le front se plissait sous l'inquiétude. Les heures s'écoulèrent. Le magicien gris posa une main ridé sur l'épaule du roi, qui tressaillit. Ainsi, aucunes des trois missives n'avaient porté ses fruits. Il soupira et prit la direction du Conseil. S'asseyant face à l'assemblée, Elrond entama son discours :

« Etrangers venus de terres lointaines, amis de toujours, vous vous êtes rassemblés ici afin de répondre à la menace du Mordor. La Terre du Milieu est au bord de la destruction. Nul ne peut y échapper. Vous vous unirez ou vous serez vaincus. Chaque race est liée à ce destin, à ce sort commun. Montrez-leur l'Anneau, Frodon... »

Sur ces mots, Elrond désigna un socle de pierre qui s'élevait face au Conseil. Ledit Frodon, jeune hobbit aux cheveux bouclés, à la peau pâle, et des yeux bleus brillant d'un éclat d'inquiétude, s'avança parmi eux. Il déposa l'Anneau Unique sur la dalle.

- Alors c'est vrai, murmura Boromir.

Tous les regards se fixèrent sur l'entité maléfique. Peur, adoration et malaise se mêlèrent parmi chaque groupe, chacun cherchant en vain à détourner son attention.

- Cet anneau est un don, continua Boromir avant de déclarer plus fort, un don fait aux ennemis du Mordor. Pourquoi ne pas s'en servir ? Depuis longtemps mon père, l'Intendant du Gondor, a tenu à distance les forces du Mordor ! C'est grâce au sang de notre peuple que vos terres sont encore en sécurité !

Aucun d'entre eux n'osa interrompre la tirade. En réalité, tous s'apprêtaient à quémander l'Anneau pour le bénéfice de sa propre race. Ne se trouvant face à aucune opposition, l'homme persévéra dans sa demande.

- Donnez au Gondor l'arme de notre ennemi, et laissez nous l'utiliser contre lui !
- On ne peut le contrôler, aucun d'entre nous ne le peut.

Boromir jaugea un bref instant celui qui cherchait à détruire ses beaux projets de conquête. C'était un de sa race. Sa tenue était celle des mercenaires, défiant l'aristocratie. Il se souvint l'avoir remarqué tantôt et s'était attendu à une objection de sa part tout moment.

- L'Anneau Unique ne répond qu'à Sauron, expliqua le rôdeur, il n'a pas d'autres maîtres.

La réponse fusa, cinglante :

- Et qu'est-ce qu'un rôdeur connaît à ces choses là ?
- Ce n'est pas un simple rôdeur ! s'exclama Legolas, c'est Aragorn, fils d'Arathorn. Vous lui devez serment d'allégeance.

Le dégoût et le mépris de Boromir s'effacèrent alors qu'il découvrait l'identité de son opposant.

- Aragorn ? s'étonna-t-il, le descendant d'Isildur ?

Aragorn ne répondit pas, se contentant de relever dignement le menton. Ses yeux trahirent une certaine méfiance. Legolas reprit à sa place, complétant ainsi la phrase de Boromir :

- Et l'héritier du trône du Gondor.

En elfique, Aragorn pria Legolas se s'asseoir. La haine de Boromir se fit de nouveau sentir, prenant le dessus sur le respect qu'il devait à son seigneur.

- Le Gondor n'a pas de roi, assena-t-il, il n'en a pas besoin.

Boromir se rassit. Un silence pesant s'installa, durant lequel le Conseil observa le prétendant au trône. Ce fut Gandalf qui interrompit la trêve.

- Aragorn a raison. Nous ne pouvons l'utiliser.

Sur ces mots, des hennissements parvinrent de la cours pavée. L'assemblée se leva d'un même mouvement, s'approchant de la balustrade. Le c½ur d'Elrond eu un raté tandis que des sabots martelaient la cours de Foncomb. Il rejoignit les autres, découvrant trois chevaux qui se stoppèrent au bas des escaliers. Sur l'un d'eux se tenait une femme, une chevelure flamboyante reposant sur ses épaules dénudées. Elle était légèrement vêtue à l'instar des deux autres cavalières qui l'accompagnaient, mais ces dernières avaient la peau mâte contrairement à leur chef. Celle-ci leva deux magnifiques yeux dorés en direction du Conseil et cria :

- Désolée du retard Seigneur Elrond ! Nous avons été pourchassées durant notre voyage, mais nous voilà enfin.

Après avoir conduit leurs montures dans les écuries, le petit groupe se joignit au reste du Conseil. Elrond s'approcha de la rouquine.

- Thrylia, souffla-t-il, j'ai cru que vous ne viendriez plus...
- Les Amazones ont toujours été vos alliées, se contenta de répondra la jeune femme, j'ai également reçu des nouvelles de Tellehm'il...

L'elfe fronça les sourcils, le Conseil restait attentif à la discussion. Ils ignoraient pas mal de choses sur les Amazones et Tellehm'il, mais savaient que la tribu d'Thrylia se situait sur un continent allié à Sauron.

- L'ennemi aurait percé les défenses du roi Low, annonça l'Amazone aux cheveux de feu, le peuple part pour les Terres Immortelles.
- Nous ne pourrons donc pas compter sur le renfort des elfes noirs, conclut Elrond.
- Pas tout à fait. Des rumeurs disent qu'une légion menée par la princesse serait partie pour Foncomb voilà cinq jours.

Gandalf calcula. Cela voudrait dire qu'elle arriverait à Foncomb d'ici peu de temps. Il eut un faible sourire, heureux de voir qu'Elrond avait toutes les cartes en main. Un hurlement se fit entendre. Des loups aussi hauts que des chevaux pénétrèrent dans l'enceinte de la citée. Ils étaient montés par des silhouettes encapuchonnées de soie blanche. L'une d'elles fit signe à ses compagnons de s'écarter. Bientôt une ombre surplomba l'assemblée. Tous se redressèrent et fixèrent le ciel. Quatre immenses créatures bloquaient les rayons du soleil. Etait-ce les Nazgûls ? Gandalf se jeta sur Frodon qui récupéra l'Anneau. Le magicien fut soulagé lorsqu'il constata qu'il s'agissait uniquement des aigles. Les inconnus qui chevauchaient les loups grimpèrent les escaliers, immités par ceux portés par les volatiles. Une voix cristalline et douce s'éleva :

- Quelques minutes de plus et nous ne nous en tirions pas, merci !
- Disons que les remerciements sont partagés !
- Soit.

Deux groupes distincts apparurent dans le cercle du Conseil. Les formes blanches retirèrent leurs capuchons. Il n'y avait qu'une femme parmi eux. Le diadème qui cernait son front témoignait de son grade. Elle inclina légèrement la tête et quelques mèches brunes lui tombèrent devant les yeux.

- Elrond de Foncomb, dit-elle.
- Isenia de Tellehm'il...

Relevant la tête, elle sourit. Le seigneur lui rendit la politesse. L'autre troupe, portant des vêtements de soie et de lin brillant, retirèrent le masque qui cachait la partie inférieure de leur visage. Il s'agissait de trois hommes et d'une femme, leur origine de l'Est se lisant à travers leur peau tirée, la fluidité de leurs cheveux d'un noir de jais et leurs paupières bridées. Elrond s'adressa aux premiers arrivants du Conseil.

- Peu d'entre vous ont déjà eu le privilège de fréquenter les peuples du Sud, voici trois de leurs représentants dont Thrylia Fallir'Ha, capitaine des forces armées. Voici également la princesse Isenia. Les terres des Elfes Noirs nous ont toujours été cachées, ainsi que leur cité, bien qu'elle se trouve en Terre du Milieu. Voici ensuite nos cousins de l'Est... les enfants de l'Empereur oriental des mages blancs : Pelahan, Celac, Wiraric et Hathiel. Ainsi...tous autant que vous êtes, sachez que vous n'avez pas le choix : L'Anneau doit être détruit.

Tous se regardèrent. Ils attendirent que quelqu'un se lève, fasse preuve d'un simple brin de courage. Une voix bourrue brisa le silence.

- Qu'attendons nous pour le faire ?

Le nain Gimli se dressa , brandissant sa hache. Hathiel, plus petite qu'Isenia d'une tête, s'accrocha au bras de cette dernière.

- Il ne va quand même pas... ?! souffla-t-elle.

Et pourtant si ! Gimli abattit son arme sur l'Anneau. Elle explosa littéralement. Elrond informa calmement qu'ils ne possédaient aucun moyen de détruire l'Anneau en l'état actuel. Il fallait le jeter dans les flammes de la Montagne du Destin.

- On n'entre pas si facilement en Mordor, intervint Boromir, c'est pure folie.

Cette remarque déclencha les hostilités. Tous se mirent à s'entre déchirer. Les répliques étaient cinglantes et bien placées. La tension montait et l'on voyait bien que l'aura négative de l'Anneau y était pour beaucoup. Frodon était hypnotisé par les flammes maléfiques qui dansaient devant ses yeux. Elles lui parlaient dans une langue étrange, le poussant à la violence. Il lui fallut toute sa volonté pour s'arracher à l'emprise démoniaque.

- Je vais le faire ! cria-t-il, je vais porter l'Anneau en Mordor.

Alors que tous se taisaient et fixaient le semi-homme, Gandalf soupira.

- Bien que je n'en connaisse pas le moyen, avoua Frodon.
- Je vais vous aider à porter ce fardeau, Frodon Sacquet, intervint Gandalf, aussi longtemps que vous aurez à le porter.

Aragorn se leva, captant à son tour l'attention. Il s'agenouilla.

- Si par ma vie ou ma mort je peux vous protéger, je le ferais. Mon épée est vôtre.
- Et mon arc est vôtre, déclara Legolas.
- Et ma hache...

Sur ces mots, Gimli vint se placer à leurs côtés, jetant un regard ironique à son camarade elfe. Boromir s'avança à son tour.

- Vous avez notre destin à tous entre les mains petit homme, dit-il, et si telle est la volonté du Conseil, le Gondor se joindra à vous.
- Hé ! fit une voix derrière les buissons bordant la terrasse, Monsieur Frodon n'ira nulle part sans moi !

Un autre semi-homme les avait rejoins et croisait les bras, l'air décidé.

- Oui en effet il n'est guère possible de vous séparer, constata Elrond, et cela même lorsqu'il est convoqué à un conseil secret et vous non...
- Oh ! Nous venons aussi !

Deux têtes frisées passèrent entre les princes Wiraric et Pelahan, sous le regard courroucé d'Elrond. Merry et Pippin se postèrent près de Sam et Frodon.

- faudrait nous renvoyer attachés dans un sac pour nous en empêcher, fit Merry.
- Quoi qu'il en soit, intervint Pippin, vous avez besoin de gens intelligent pour ce genre de mission, quête...chose.
- Alors là ça te met « hors course » Pippin, lui souffla son cousin.

Isenia s'avança. Resplendissante, elle ne devait pas se douter de l'effet qu'elle produisait dans l'assistance. Ses yeux bleus cristal rencontrèrent ceux du Porteur de l'Anneau. Ce dernier déglutit.

- La magie curative de mon peuple pourrait vous être utile, confia-t-elle, je remplierai la mission qui est la mienne en restant à vos côtés.

Elle se tourna vers le groupe venant de l'Est. Elrond soutint le regard des princes qui ne semblaient pas vouloir intervenir. Wiraric fronça les sourcils.

- Notre père a besoin de nous, dit-il, nous commandons ses troupes.
- Il ne peut se passer d'aucun de nous, ajouta Pelahan.
- Il pourrait, commença Hathiel, ... se passer de moi ?

Les trois frères commençaient à partir, ils se tournèrent vers leur s½ur d'un même mouvement. Celac, le plus âgé, s'approcha de sa cadette. La réponse tomba comme un couperet.

- Non.
- Pourquoi ? s'étonna Isenia, défiant les trois princes du regard, pourquoi Hathiel devrait-elle restait en arrière pendant que vous partez au devant du danger...
- Wiraric, interpella Gandalf, je m'interroge sur vos raisons...

Les deux plus jeunes princes parurent des plus gênés. L'aîné posa une main sur l'épaule de sa s½ur, en signe de protection.

- Vous êtes déjà nombreux, pourquoi risquer sa vie inutilement ?

Hathiel fronça les sourcils. Elle se dégagea sèchement, rejoignant Isenia.

- C'était donc pour cela, fit pensivement l'elfe, elle a suivis le même entraînement que vous. De plus, elle est libre. Aucun d'entre vous ne la retiendra. Hathiel, que choisissez-vous ?
- M'acceptez-vous comme compagnon ? s'enquit la mage blanche auprès de Frodon.

Le hobbit fixa un instant la jeune femme. Elle le suppliait presque du regard. Il n'hésita que peu de temps.

- Oui Dame Hathiel, prêtez-nous vos forces.
- Alors c'est ainsi, souffla Pelahan.
- Oui mon frère, approuva la princesse, et il n'en sera pas autrement.

Thrylia prit la parole, après avoir brièvement discuté avec ses deux compatriotes. Elle mit les poings sur les hanches.

- J'espère que vous n'avez pas peur d'être dominé, dit-elle, car j'ai pour habitude de n'être soumise à personne !

Elle éclata de rire et se joignit aux autres. Elrond les dévisagea. Quelle compagnie hétérogène !

- Douze compagnons, constata-t-il, qu'il en soit ainsi. Vous formerez la Communauté de l'Anneau.
- Chouette ! s'extasia Pippin, où est-ce qu'on va ?
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#Posté le dimanche 27 décembre 2009 10:42

Modifié le dimanche 27 décembre 2009 12:55

Chapitre 2 [Pix : Thrylia]




La lune brillait encore dans le ciel, tandis que les préparatifs battaient leur plein. Thrylia s'était rendue aux écuries au petit matin, histoire de saluer une dernière fois son étalon. Elle passa devant les boxs puis s'arrêta devant un alezan. Le cheval l'accueillit d'un hochement de tête et souffla. L'Amazone sourit, tendant la main. Elle effleura les naseaux de sa monture, appréciant chaque secondes de cet instant de complicité. Ses lèvres s'entrouvrirent alors qu'elle se penchait.

- Je pars Tarilar, murmura-t-elle, mais tu l'avais déjà deviné non ?

Le cheval hennit, comme pour confirmer. Thrylia rigola et se détourna, entendant l'animal qui tapait du sabot. Elle quitta les écuries et traversa la cours pavée, passant devant Hathiel et Gimli, en pleine discussion. Le nain s'appuyait sur sa hache et fixait son interlocutrice d'un ½il inquisiteur.

- Je ne vous comprend vraiment pas, disait celle-ci, les elfes ne vous ont rien fait ! Pourquoi se faire ainsi la guerre ?
- Vous n'êtes pas neutre gente Dame ! grogna le nain.
- Et pourquoi cela ? s'étonna Hathiel, ouvrant des yeux ronds.
- Vous êtes vous-même une elfe.
- Si cela vous plait de le croire...

Sur ces mots, Hathiel rentra ses sabres dans leurs fourreaux. Isenia jeta un regard en biais, imitée par Gandalf, Boromir, Legolas, Merry et Pippin. Gimli émit un nouveau grognement et s'écarta du groupe, passant devant Thrylia sans la voir. L'Amazone fit virevolter sa flamboyante chevelure et se dirigea vers les grands escaliers. Elle croisa Aragorn, ce dernier accompagné de Frodon et de Sam. Thrylia leur adressa un de ses sourires charmeurs dont elle avait le secret. Le hobbit hocha la tête d'un air béat et tous se regroupèrent. Gandalf réclama leur attention.

- Aujourd'hui, commença-t-il, nous nous désignons comme compagnons et nous engageons à tout mettre en ½uvre pour détruire l'Anneau.
- J'ajoute, coupa Thrylia, que je ferais tous les sacrifices nécessaires à la réussite de cette quête.

Tous se regardèrent. Cela signifiait que seul Frodon était prioritaire pour l'Amazone. Aragorn la dévisagea, découvrant la flamme de la détermination dans les yeux de la jeune femme. Le magicien acquiesça.

- Et il en sera de même pour tous !
- Nous devons compter les uns sur les autres, dit Aragorn en balayant la troupe du regard, mais il faut que nous acceptions le fait qu'au moment venu nous pouvons être abandonnés.
- Alors, intervint Legolas, c'est à nous de faire en sorte de ne pas être un fardeau.

Elrond arriva à cet instant, sa fille Arwen. La jeune femme les transperça de ses magnifiques yeux bleus. Thrylia se souvint avoir éprouvé en cet instant de la jalousie. Le seigneur elfe salua la Communauté. Cette dernière prit la route, quittant Foncombe d'un pas insouciant. Ils grimpèrent dans les monts du sud, avançant sans rencontrer de réels obstacles. La troupe s'arrêta au bout de quelques jours. Dans les rochers élevés de ces montagnes, Boromir entraînait Merry et Pippin sur les Monts Brumeux. Aragorn les conseillait, Thrylia assise près de lui.

- Intéressant ! s'exclama-t-elle, mais je vous conseille d'améliorer votre jeu de jambes Sieurs Hobbits.
- Votre style de combat est-il basé uniquement sur votre agilité ? questionna Aragorn.
- En partie.
- Vous privilégiez le mouvement...
- Et ce style a toujours prouvé son efficacité.

Il lui sourit, reportant son attention sur l'entraînement. Pendant ce temps, Frodon et Sam se restauraient. Ils contemplaient ce paysage, si différent de celui qu'ils connaissaient. A quelques mètres, Gandalf et Gimli conversaient au sujet de leur itinéraire. Isenia tressait les cheveux d'Hathiel. Toutes deux écoutaient en silence, sans intervenir. La princesse elfe grimaça en entendant les paroles du nain :

- Si vous me demandiez mon avis, bien que ça ne soit pas le cas, je dirais que nous empruntons le chemin le plus long. Gandalf ! Nous pourrions passer par les mines de la Moria. Mon cousin Balin nous accueillerait royalement.
- Non Gimli, répondit le magicien, je n'emprunterais la route de la Moria que si je n'ai pas d'autres choix.

Isenia fut satisfaite de cette réponse. Tandis qu'elle se concentrait de nouveau sur la coiffure de son amie, elle remarqua que cette dernière fixait l'horizon.

- Que voyez-vous ? s'enquit l'elfe.
- Je ne suis pas sûre...murmura l'autre.
- Legolas ! appela Isenia.

Son compatriote blond se tourna vers elle. La princesse montra le ciel du doigt. Une masse noire se déplaçait dans leur direction. Les hobbits, occupés à attaquer Boromir, ne s'en inquiétèrent pas. Seul Sam examina le ciel.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il.
- C'est rien, bougonna le nain, rien qu'un petit nuage.
- Ce « nuage » a quelque chose d'étrange, souffla Hathiel.

Boromir se redressa. Il constata alors l'anomalie pourtant évidente.

- Il avance vite...et contre le vent !
- Des Crébains du Pays de Dun ! s'écria Legolas.

Boromir ordonna aux autres de se cacher. Sam versa de l'eau sur le feu et le recouvrit de terre. Aragorn poussa l'équipement à l'abris, le recouvrant d'une cape elfique. La Communauté se dissimula parmi les rochers et les quelques buissons. Les volatiles les survolèrent dans une symphonie de battements d'ailes et de croassements. Dès qu'ils furent partis, Gandalf se hissa hors des rochers.

- Des espions de Saroumane ! cria-t-il, la route du Sud est surveillée. Il faut passer par le Col de Caradhras.

Il leur fallut faire demi-tour. Gravissant le col enneigé pendant trois jours, ils ne purent s'arrêter que pour de courtes pauses. La neige était épaisse de plusieurs dizaines de centimètres. Les hobbits étaient ceux qui souffraient le plus des conditions climatiques. Ils atteignaient bientôt le sommet lorsque Gandalf imposa une halte. Hathiel se laissa tomber dans la neige.

- Commenceriez-vous à fatiguer ? lui lança Boromir.
- J'ai gravi des sommets plus hauts, répondit-elle, pas vous ?
- Cet endroit n'est pas la place d'une enfant !
- Et où se trouve ma place, rétorqua la jeune femme, si ce n'est auprès de mes amis sur le champ de bataille ?
- Auprès de votre époux à broder des draps !

Hathiel ravala les paroles rageuses qui lui brûlaient les lèvres. Elle soupia et s'écarta du groupe. Boromir haussa les épaules, face aix regards accusateurs du reste de la Communauté. Isenia et Thrylia rejoignirent leur amie.

- Je vais bien, les rassura-t-elle.
- Cet homme est un rustre, commenta Thrylia, voilà pourquoi on s'en passe chez nous !
- Ce ne sont pas ses mauvaises manières qui m'inquiète...
- Vous avez également ce pressentiment ?demanda Isenia.

Hathiel hocha la tête. L'Amazone haussa les sourcils. De quoi parlaient-elles ? Ne possédant aucun dont d'empathie, seul quelques minces ressources magiques, elle n'était pas en mesure de comprendre. Isenia éclaircit donc ses pensées :

- L'Anneau a une influence sur cet homme.
- Il cherchera à s'en emparer, avoua l'asiatique, je l'ai vu.

Thrylia souffla, comme un dragon s'apprêtant à charger. Puis conclut :

- Aucun membre de la gente masculine ne peut avoir ma confiance...

La Communauté reprit son ascension du col. Gandalf prédit une tempête, ils décidèrent donc de progresser avec plus d'assurance. Mais Frodon était éreinté. Un étourdissement le fit basculer en arrière. Aragorn l'aida à se relever, mais Frodon découvrit que la chaîne autour de son cou avait disparue. Boromir la ramassa un peu plus loin, contemplant l'Anneau qui y pendait. Obnubilé, il se sentit transporté ailleurs, inconscient des regards pesant sur lui. Thrylia porta automatiquement la main au manche d'Hehindrill, sa fidèle épée à la lame argentée. Une voix finit par briser les murmures incohérents de Boromir.

- Boromir ! appela fermement Aragorn, rendez l'Anneau à Frodon.
- A vos ordres, consentit le guerrier après un bref instant d'hésitation, je n'en ai cure.

Il se retourna, doublant les autres d'un pas pressé. Isenia soupira. Elle échangea un regard avec Hathiel qui ne semblait pas le moins du monde perturbée. Ainsi ce n'était point le moment, soit ! Toutes deux repartirent aux côtés de Legolas. Gimli grogna, une habitude qu'il avait pris depuis le départ, encourageant les hobbits à poursuivre leur chemin. Sam tira sur la bride du poney transportant leurs provisions. De tous, seuls Aragorn, Frodon et Thrylia ne s'empressèrent pas de continuer. L'Amazone croisa le regard du rôdeur. Elle le dévisagea et lâcha le manche de son épée. Aragorn fit de même, plutôt rassuré de constater qu'ils avaient eu la même initiative. La route reprit.


Comme l'avait annoncé Gandalf, ils durent essuyer un blizzard. Malheureusement la route était très étroite sur le flanc de la montagne, la neige atteignait environ un mètre d'épaisseur et le vent leur giflait le visage. Thrylia ne supportait plus le froid. Elle venait des pays chauds, où le soleil brûlait la peau, où la pluie se faisait rare et où neige et froid n'étaient que mythes. Seule son inébranlable détermination l'empêchait de se laisser congeler. Gandalf avançait en tête. Hathiel et Legolas le dépassèrent. L'asiatique tendit la main en avant et saisit un flocon qu'elle examina.

- Cette neige n'est pas normale, confia-t-elle à l'elfe.
- C'est-à-dire ?
- Elle ne fond pas dans ma m...

Legolas posa un doigt sur la bouche de la jeune fille et se détourna. Fixant le tourbillon de glace, il s'exclama :

- J'entend une voix sinistre dans les airs !
- C'est Saroumane ! cria Gandalf.
- Il essaye de déclencher une avalanche ! fit Aragorn.
- Vous allez la déclencher vous-même si vous continuez, dit Isenia serrant sa cape autour de son cou.
- Gandalf ! continua le rôdeur qui n'avait rien entendu à cause de la violence du vent, il faut faire demi-tour !

Le magicien refusa et se mit à incanter. Isenia se rappela soudain du temps où Gandalf l'avait initié aux forces mystiques, changeant sa vie à jamais. A présent elle maîtrisait les arts de guérisons perdus. Un craquement la sortit de sa rêverie. La foudre avait frappé la montagne, provoquant ainsi l'avalanche tant redoutée. Ils se plaquèrent contre la paroi glacée. Isenia fit barrage entre le vide et Sam. Aragorn entraîna Frodon et Thrylia contre lui. La neige s'abattit sur la Communauté. Le vent s'apaisa un instant, comme pour témoigner de la mort des compagnons. Soudain, la tête blonde de Legolas émergea. Puis Merry tenta de s'extirper de la neige avec son cousin. Frodon fut aidé par Aragorn, qui balaya du regard le reste de ses amis. Sam bafouilla quelques mots de remerciements à l'adresse d'Isenia. Elle lui sourit, mais pas longtemps.

- Hathiel ! appela-t-elle, paniquée.

L'elfe fouilla dans la neige qui l'entourait. Thrylia fit de même. La peur se lisait sur leur visage. Un petit cri étouffé les stoppa nettes. Legolas écarta la neige à ses côtés et soupira.

- Elle est là, dit-il.

Isenia se précipita. Elle remonta la cape de son amie, remarquant que cette dernière claquait bruyamment des dents.

- Il faut quitter la montagne ! cria Boromir, prenons par la Trouée du Rohan. Faisons un détour par ma citée !
- La Trouée du Rohan nous rapproche trop d'Isengard, fit remarquer Aragorn.
- On ne peut pas passer par-dessus la montagne, alors passons par-dessous. Passons par les mines de la Moria.

La proposition de Gimli pétrifia le magicien. Il ne sut que répondre. Les trois routes empruntables étaient dangereuses. Il les plaçait sur un pied d'égalité. Le doute l'empêchait de réfléchir. Il choisit donc une personne neutre :

- Laissons le porteur de l'Anneau décider.
- Nous passerons par les mines, décida le jeune hobbit après réflexion.
- Qu'il en soit ainsi...

Il leur fut aisé de redescendre au pied des montagnes et de gagner la porte des mines. Il y avait un lac en bordure, et en passant près de lui, Isenia frémit.

- l'air est lourd ici, commenta Thrylia.
- C'est cette eau qui empoisonne l'atmosphère, souffla Isenia, ou plutôt ce qui s'y cache.
- Mieux vaut s'en tenir éloigné, conseilla Aragorn.

Les deux femmes acquiescèrent. Gandalf alla examiner l'entrée. Il regarda les gravures sur la porte.

- De l'Ithildin, conclut-il.
- Une langue ancienne c'est cela ? interrogea Isenia.
- Oui, et cela ne reflète que la lumière des étoiles et de la lune. Hathiel ?

Le magicien se tourna vers le ciel en même temps que la jeune femme dont les yeux se voilèrent de blanc. Isenia connaissait bien cet état pour être elle-même par là. Les nuages s'écartèrent et les rayons lunaires se posèrent sur la porte, révélant les paroles. Gandalf traduisit :

- Il est écrit : « Les portes de Durin, Seigneur de la Moria. Parlez amis, et entrez. »
- Vous comprenez ce que cela veut dire ? demanda Merry.
- C'est très simple, expliqua Gandalf, si vous êtes un ami vous donnez les mot de passe et les portes s'ouvriront.

Sur ce, Gandalf entama une série de mots elfiques, mais rien ne se passa. Au bout de plusieurs minutes, la Communauté n'était toujours pas parvenue à entrer. Assis sur un rocher, Gimli fumait sa pipe d'un air absent. Non loin de là, Legolas et Isenia scrutaient le lac. Sam du dire adieu au fidèle poney qui les accompagnait.

- Les mines ne sont pas faites pour les poneys, lui expliqua Aragorn, même s'ils sont aussi courageux que Bill.

Thrylia se pencha vers les oreilles du poney et lui parla en Amazonien, comme elle s'était adressée à sa monture. Puis elle se redressa et fit un clin d'½il au rôdeur.

- Ne vous inquiétez pas Sam, confia celui-ci, il saura retrouver son chemin.

Boromir et Hathiel s'élancèrent en direction de Merry et Pippin qui s'amusaient à envoyer des pierres dans l'eau. Ils retirent leurs mains.

- Arrêtez avec ces pierres, ordonna Aragorn en passant près d'eux.

Gandalf se laissa choir près de Frodon. Il n'avait plus aucune idée concernant ce fameux mot de passe. Examinant les murs de la Moria, les yeux du hobbit s'éclairèrent soudain.

- C'est une énigme, déclara-t-il, « Parlez amis, et entrez... » ... Quel est le mot elfique pour « amis » ?
- « Mellon », répondit Gandalf

Les portes s'ouvrirent subitement, dévoilant l'ombre et l'humidité de la mine. Thrylia déglutit. Mais qu'étaient-ce que ces paysages si prompt à ternir son teint ? Voyant les autres s'engouffrer tour à tour dans l'obscurité, elle suivit le bâton illuminé du magicien.

- Bientôt maîtres elfes, grogna Gimli, vous aurez droit à apprécier l'hospitalité légendaire des nains. Un bon feu, une bière brassée...une belle pièce de viande ! Car ceci mes amis, est la demeure de mon cousin Balin.

Hathiel se stoppa nette.

- Ce...cette odeur est épouvantable, balbutia-t-elle, Gimli...ce ne peut être...
- Et ils appellent ça une mine, continua le nain, une mine !
- Ce n'est pas une mine, souffla Boromir, c'est un tombeau...

Tous baissèrent les yeux, découvrant ainsi un horrible spectacle. Une colonie de cadavres en putréfactions jonchait le sol : les compatriotes de Gimli. Ce dernier était désemparé et criai à l'injustice, niant l'évidence. Isenia, Hathiel et Legolas s'approchèrent d'un des corps. La princesse elfe retira une des flèches fichées dans le poitrail d'un nain occis.

- Taillée dans un métal solide, commenta Hathiel en l'examinant minutieusement, mais de façon assez grossière. Aucun doute quant à l'auteur de ce massacre scandaleux...
- Des gobelins, confirma Legolas.

Tous tirèrent leurs armes, prévoyant une attaque. Boromir tenta sa chance.

- Allons à la Trouée du Rohan ; nous n'aurions pas du venir ici !

Mais il n'eut pas le temps d'en dire d'avantage. Frodon poussa un hurlement lorsqu'un tentacule gigantesque lui entrava la cheville, l'entraînant dans l'eau. Tous se précipitèrent vers la sortie. Merry et Pippin furent violemment éjectés par d'autres tentacules alors qu'ils tentaient de porter secours à leur ami. Frodon était suspendu au dessus de l'eau. Hathiel et Legolas décochèrent leur flèche. Isenia resta en retrait tandis qu'Aragorn, Thrylia et Boromir pénétrait dans le lac, épée en main. Le hobbit hurlait, découvrant sous lui la gueule du monstre. La guerrière Amazone attendit qu'Aragorn fut capable d'attraper le Porteur, elle lança alors son arme qui trancha le tentacule le retenant. Aragorn saisit le semi-homme.

- Dans les mines ! ordonna Gandalf.

La Communauté entra dans la Moria. Mais le monstre s'extirpa de son antre, à la poursuite d'Aragorn et Frodon. Legolas décocha une nouvelle flèche. Folle de douleur, la bête fit s'abattre ses bras contre la falaise. Sa force fit s'écrouler les murs bloquant l'accès à la grotte. L'ombre et le silence s'installèrent.

- Nous n'avons plus le choix désormais, déclara Gandalf illuminant la mine de son bâton, il nous faut affronter les ténèbres de la Moria.

La Communauté se regroupa autour du magicien en silence. Isenia s'approcha de Frodon et posa une main sur son bras. La magie opéra, et les blessures disparurent.

- Soyez sur vos gardes, conseilla le Magicien, il y a des êtres plus anciens et plus répugnants que les Orques dans les profondeurs du monde. Ne faites pas de bruit. Il nous faudra quatre jours de marche pour atteindre l'autre côté...espérons que notre présence passera inaperçue !
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#Posté le dimanche 27 décembre 2009 10:58

Modifié le lundi 24 mai 2010 04:49

Chapitre 3 [Pix : Hathiel]




La Communauté se trouvait contrainte de traverser les mines de la Moria. Bien qu'Isenia demanda une halte afin de soigner leurs blessures, Gandalf les fit avancer rapidement. Le silence qui régnait en ces lieux rendait des plus effrayant le résonnement de leur pas. Ils durent escalader un escalier escarpé. Une marche se fendit au moment où Hathiel la franchissait. La pierre se craquela puis tomba. Thrylia retint son amie avant que cette dernière ne bascule dans le vide. L'asiatique hoqueta. Le gouffre dans lequel elle avait manqué se laisser choir, était tellement profond que l'on n'en voyait pas la fin.

- Un seul faux pas peut nous être fatal ici, dit-elle.
- Restons près de Gandalf ! souffla Thrylia, où nous ne verrons même plus nos pieds.

Arrivé en haut des marches, Gandalf scruta la pénombre. Les murs semblaient s'être effondrés de part et d'autres de la galerie. Les hobbits marchaient pieds nus, et souffraient de parcourir ces roches coupantes. Isenia voyait le sol se tâcher de sang sous leurs pas. Elle craignait la gangrène et espérait une rapide intervention. Mais elle ne pouvait rien exiger et devait se contenter d'attendre les ordres du magicien. Ce dernier paraissait troublé.

- Je ne me souviens pas de cet endroit, avoua-t-il enfin.

Ils s'installèrent donc, attendant que leur guide ait fini de méditer. La princesse elfe s'approcha des hobbits tour à tour. Elle plaça ses mains graciles autour de leurs pieds, fermant les yeux. Une lumière bleue les enveloppa. Le sang cessa de couler, les tissus se ressoudèrent et la douleur s'enfuit. Quand elle eut terminé, Isenia soupira et s'épongea le front. Frodon lui avait donné beaucoup de mal. La guérison avait-elle été plus éprouvante parce qu'il portait l'Anneau ? S'interrogeant silencieusement, elle alla s'adosser contre un rocher aux côtés des deux hommes et du nain qui fumaient leur pipe.

- Sommes nous perdus ? demanda Pippin à son cousin.
- Non.
- Je pense que si !
- Chut ! lui souffla Merry, Gandalf réfléchit !
- Merry ?
- Quoi ?
- J'ai faim.

Cela arracha un sourire à Hathiel. Elle fouilla dans les manches de son kimono et en sortit un sachet. Elle le tendit au hobbit. Il contenait de petites graines. Cela ressemblaient fort à des haricots, songea Pippin qui se saisit du sac en tissu. Il avala quelques grains et grimaça. Toussant il se tourna vers Hathiel.

- Vous voulez me tuer ! s'indigna-t-il.
- Quand on a faim, répondit la jeune fille, on mange !
- Mais vos haricots sont avariés !

Elle sourit pour toute réponse. Thrylia et Legolas se penchèrent, examinant le sac à leur tour. L'elfe leva un sourcil.

- Ce ne sont pas des haricots, constata-t-il.
- Soja ! s'écria Thrylia.
- A vos souhaits, fit Pippin.
- Non ! rigola Hathiel, « soja » ! C'est le nom de la plante qui donne ces graines...

Les hobbits et l'elfe s'observèrent sans réellement comprendre. Ils pensaient tout trois être incollables sur la flore de la Terre du Milieu. Hathiel toussota et prit un air un peu plus sérieux.

- Les germes de soja, dit-elle, sont considérées comme les cousines du haricot. Leurs graines sont principalement utilisées pour créer des huiles. Mais également du lait inoffensif pour certains.
- Pour certains ? répéta Legolas, suspicieux.
- Certaines personnes ne supportent pas le lait animal, expliqua Hathiel, cette plante est originaire de mes terres. Je suis d'ailleurs étonnée que vous la connaissiez Thrylia.
- Isenia entretenait une jeune pousse dans ses jardins, expliqua l'Amazone en effectuant une série de gestes complexes, lors d'une visite elle m'a initié à votre culture.

Les deux femmes se sourirent, consciente d'une complicité naissante. Legolas tendit le sac en toile à Hathiel, qui le rangea avec un hochement de tête. Pendant ce temps, Isenia avait fini par retrouver toutes ses forces. Elle se redressa, fixant les parois de la mine. Aragorn, Gimli et Boromir rejoignirent le reste de la troupe.

- Qu'y a-t-il ? questionna Aragorn.
- Des yeux inconnus nous épient, murmura Isenia.
- Les gobelins ?
- Non. Autre chose mais seule moi peut le sentir sans le voir...

Elle effleura du doigt les trois points se trouvant sous son ½il droit. Battant des paupières, elle détacha son regard de l'obscurité.

- Ces points sous votre ½il, demanda soudain Boromir, que signifie-t-il ?
- Ils ont à peu près la valeur de toute ma vie, répondit Isenia en souriant d'un air las.
- Vous êtes bien mystérieuse...
- Cela vous intéresserait-il ? s'étonna la jeune femme.
- Je crois bien que cela intéresse tout le monde ici.

L'elfe soupira et se plaça face à eux. Elle posa son index sur chacun des points qui soulignait son ½il, en les comptant :

- Un...deux...trois...

Elle leva son poignet gauche et retira sa manche, découvrant de nouveaux points.

- Quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze, douze, treize, quatorze...

Elle dénoua les lacets qui retenait de sa cape, afin de laisser entrevoir son cou. Elle désigna les deux points dans le creux de sa gorge.

- Quinze, seize...

Puis soulevant ses cheveux, elle désigna ceux recouvrant son oreille.

- Dix-sept, dix-huit, dix-neuf...et vingt.

Elle s'arrêta, relâchant sa chevelure brune et remontant sa cape. Isenia soupira, alors qu'elle allait donner des explications peu communes :

- Vingt points, vingt exploits, deux cents ans...
- Pourriez-vous être plus précise ? demanda Gimli.
- Mon peuple a une particularité. Dès que nous affrontons la mort un de nos sens se trouve renforcé par dix...ces points signifient que j'ai affronté vingt fois la mort.
- Fascinant, dit Aragorn dans un souffle.
- Mais cela a un prix. Pour chacun de ces exploits...je me maudis pour dix ans...

Tous se turent. Cette magie était ancienne et connue de peu. Ils étaient impressionnées par leur amie qui possédait une force à double tranchant. Hathiel n'osait pas la fixer directement.

- Deux siècles de malédiction, murmura-t-elle.

Isenia acquiesça. C'était courrant pour son peuple de faire appel à ce sortilège. Personne n'osa prononcer le moindre mot. Soudain, la voix de Gandalf leur parvint.

- C'est par ici !
- Ah ! soupira Merry, ça lui revient !
- Pas du tout, répondit Gandalf, mais l'air et moins nauséabond en bas. Dans le doute Meriadoc, il faut toujours suivre son flair.
- Au moins nous passons par un chemin plus accessible aux hobbits, fit Isenia avec un sourire.

Gandalf passa le premier, éclairant le tunnel. Legolas donna son bras à Hathiel, encombrée par son kimono. Elle avait honte d'être une telle gêne pour leur progression. Mais elle se rassurait e, pensant que ses qualités de combattante restaient inégalées. Une fois en bas du chemin, ils découvrirent un espace si grand que la faible lueur du bâton ne suffisait plus pour tout éclairer.

- Risquerons-nous à faire un peu de lumière ? se dit Gandalf, Regardez ! Le Grand Royaume et la citée des Nain de Cavenain.

Ils restèrent ébahis devant le fabuleux spectacle qui s'offrait à eux. Des arcades hautes d'une centaine de mètres s'alignaient parallèlement. Leurs piliers avaient été sculptés à même la montagne. Ces créations devaient dater de plusieurs siècles. Sam soupira.

- Pour sûr c'est artistique y a pas d'erreur ! dit-il impressionné.

Alors qu'ils avançaient entre les piliers, fixant le plafond de la mine, Hathiel s'arrêta. Elle tira sur la manche d'Aragorn. Des formes jonchaient le sol sur leur droite. Gimli fut lui aussi attiré par ces anomalies. Il comprit soudain. Le nain s'élança. Gandalf l'apostropha, mais rien à faire. Gimli franchit les portes d'une salle annexe. Un unique rayon de lumière éclairait une dalle autour de laquelle reposait de multiples cadavre.

- Non...non...sanglota Gimli.

Les autres entrèrent à leur tour. Ils se taisaient, respectant la douleur de leur compagnon. Le magicien s'approcha de la dalle recouverte d'une épaisse couche de poussière, qu'il retira. Il lut :

- « Ici gît Balin, fils de Fudin, Seigneur de la Moria. » Il est mort, c'est ce que je craignais.

Gimli continuait de sangloter. Isenia vint vers lui et posa une main sur son épaule, oubliant un moment les anciennes guerres entre sa race et celle des nains. Elle ne pouvait guérir les blessures du c½ur, à son grand regret. Gandalf trouva un corps qui tenait un livre très épais. Il s'en empara.
- il faut avancer, conseilla Legolas à Aragorn, ne pas s'attarder.

Hathiel jeta un regard à Isenia, qui ne pu qu'hausser les épaules. Gandalf décrypta le livre à voix haute :

- « Ils ont pris le pont et la deuxième salle. Nous avons barricadés les portes, mais cela ne les retiendra pas très longtemps. Le sol tremble. Les tambours...les tambours viennent des profondeurs. Nous ne pouvons plus sortir. Une ombre s'avance dans le noir. Nous ne pouvons plus sortir. Ils arrivent. »

Soudain un bruit les fit sursauter. Pippin venait de faire tomber la tête d'un squelette qui reposait près d'un puit. Tous cessèrent de respirer. Dans un grincement, le reste du corps tomba. Son armure ricocha sur les parois du puit dans un vacarme assourdissant, qui sembla durer une éternité. Plus personne n'osa ni bouger, ni parler. Quand le bruit se fut évanoui, tous se remirent à respirer. Hathiel ouvrit lentement les yeux.

- C'est fini ? risqua-t-elle, je peux le tuer ?
- Crétin de Touque ! siffla Gandalf, jetez-vous dedans la prochaine fois, cela nous débarrassera de votre stupidité !

Mais un bruit sourd s'éleva subitement, les pétrifiant sur place. Par réflexe, Thrylia s'empara de son épée et recula. Hathiel se rapprocha de Legolas. Boromir guetta le moindre mouvement suspect. D'autres bruits s'élevèrent dans la mine, semblables à des percussions. Frodon tira Dard de son fourreau, la lame était bleue. Un cri strident leur parvint.

- Les Orques ! annonça Legolas.

Boromir se dirigea vers la porte à toute vitesse. Isenia se précipita derrière lui et le tira en arrière. Sans on intervention une flèche se serait nichée dans la tempe du guerrier.

- ils vont nous bloquer l'accès à la sortie ! s'écria Thrylia.
- Reculez ! ordonna Aragorn aux hobbits, restez près de Gandalf ! Vous aussi Isenia !
- Je sais me battre ! cria-t-elle.
- Protégez les hobbits, souffla le rôdeur.

Isenia acquiesça. Thrylia, Aragorn et Boromir s'empressèrent de refermer la porte, s'adossant contre elle.

- Ils ont un Troll des Cavernes ! les informa Boromir.
- Bloquez la porte ! leur cria Hathiel en tendant une hache et une hallebarde à Legolas.

Ils reculèrent ensuite. Boromir et Aragorn tirèrent leur épée, se plaçant aux côtés d'Thrylia, Legolas et Hathiel bandèrent leurs arcs.

- Qu'ils approchent ! gronda Gimli, il y a encore un nain dans la Moria qui respire !

L'ennemi frappait contre la porte pour la détruire. La Communauté attendait. Frodon tremblait plus que les autres, mais une voix dans sa tête lui hurlait de faire confiance à ses amis. Soudain une morceau de la porte cassa, créant une ouverture où la flèche de Legolas alla se figer. Aragorn décocha la seconde, Hathiel les deux suivantes. Brusquement la porte céda. Les trois archers décochèrent une nouvelle volée de flèches puis empoignèrent leurs lames. Thrylia s'élança en avant déchirant l'air avec son épée. Elle rebondit comme une biche, puis coinça son épée entre ses jambes. Effectuant un saut arrière elle trancha deux Orques en deux. Legolas tira les couteaux cachés dans son dos et alla les planter dans la gorge de bon nombre d'ennemis. Un Orque s'avança dangereusement dans le dos d'Aragorn et abattit sa hache. Hathiel plaça un de ses sabres à l'horizontal pour parer le coup, l'autre s'enfonça dans le poitrail de l'ennemi. Les attaques pleuvaient. Isenia sortit ses dagues et les lança avec précision dans le front de ses adversaires. La bataille durait depuis plusieurs minutes quand un grognement attira l'attention de la Communauté. Le Troll des Cavernes s'infiltra à son tour dans le combat. Legolas le toucha avec une flèche, mais cela ne fit qu'accentuer la rage de la créature. Le troll abattit son marteau sur Sam qui plongea en avant pour l'éviter. Thrylia l'aida à se relever, mais le troll balaya l'air de son bras et propulsa la jeune femme contre la tombe de Balin. Elle poussa un cri lorsque son crâne percuta l'un des bords. Elle s'étala, inconsciente. Gimli lança alors sa hache dans le buste du troll avant que celui-ci ne réduise en charpie le corps d'Thrylia.

- Thrylia ! hurla Hathiel en se précipitant auprès d'elle.

Elle s'agenouilla près de son amie après l'avoir fait glisser au sol. Elle entendit l'elfe crier son nom, elle saisit son sabre et pointa la lame au dessus d'elle en fermant les yeux. Elle sentit quelque chose s'empaler sur son arme. Elle regarda en l'air et vit que le poing du troll se trouvait à quelques centimètres de son visage. La jeune fille se rendit à peine compte que Legolas l'avait rejointe et soulevait Thrylia du sol.

- Astucieux, dit-il avec un sourire, imprudent mais astucieux !
- Legolas ! Hathiel ! les appela Gandalf, ne restez pas là !

L'elfe plongea sur le côté. Hathiel se laissa glisser. Elle se saisit d'une hache qui traînait sur le sol, la souleva et trancha le poignet du troll. La main s'affaissa. La bête poussa un grognement de douleur et s'en détourna. Legolas fut sa nouvelle cible. Après avoir confié Thrylia à Isenia, il s'était placé en hauteur. De sa main restante, le troll lançait une chaîne sur l'elfe, s'en servant de fouet, mais ce dernier l'esquivait avec une adresse remarquable. La chaîne alla s'enrouler autour d'un pilier. Legolas profita qu'elle fut tendue pour en faire un pont jusqu'au troll. Il grimpa sur le dos du monstre. Il décocha une flèche qui se figea dans le crâne du troll. L'elfe sauta à terre. Le combat reprit. Une horde d'orques débarqua, occupant tous les guerriers et laissant les hobbits face au troll.

- Frodon ! hurla Aragorn.

L'homme chercha à se débarrasser rapidement de ses assaillants pour rejoindre le jeune hobbit. Il s'interposa entre Frodon et le troll. Mais il s'écroula vite contre un mur. Frodon voulut porter secours à son protecteur, mais le troll l'en empêcha.

- Non ! cria Isenia.

La fourche que le monstre venait de ramasser, s'enfonça dans la poitrine du semi-homme. Merry et Pippin s'élancèrent, poignardant la créature. Elle reçut une dernière flèche de Legolas, qui l'acheva. Elle s'écroula.

- Frodon, murmura Isenia en s'approchant.

Tous s'avancèrent dans le coin sombre où reposait le corps du Porteur. Aragorn et Thrylia avaient repris connaissance. La Communauté pensait leur compagnon mort, quand subitement il se redressa intact.

- Il est vivant ! annonça Sam d'un air soulagé.
- Je vais bien, les rassura Frodon en se massant la poitrine.
- Vous devriez être mort, souffla Aragorn éberlué, cette lance transpercerait un sanglier.

Gandalf sourit avant de leur dire :

- Je crois que ce hobbit est plus solide qu'il n'y parrait...

Frodon déboutonna son chemisier, laissant entrevoir une côte dont les mailles ressemblaient à de minuscules perles blanches.

- Du mithril, reconnu Gimli, vous êtes très surprenant M. Sacquet !
- Thrylia ! s'écria tout d'un coup Aragorn, vous allez bien ? Appuyez vous sur moi, vos jambes trembles...

Isenia leva un sourcil. L'Amazone sourit au rôdeur d'un air las. Celui-ci remarqua alors qu'elle lui exprimait toute sa gratitude aux travers de ses yeux. Il la contemplait depuis quelques secondes seulement lorsque de nouveaux cris s'élevèrent des profondeurs.

- Au pont de Khazad-dûm ! ordonna Gandalf.

Sans hésiter, Aragorn souleva l'Amazone de terre. Elle s'agrippa à son cou, sachant qu'elle ne pouvait pas courir avec eux. Ils passèrent à toute vitesse entre les piliers alors que les bruits grandissaient. Jetant des coups d'½il par-dessus leurs épaules, ils virent qu'Orques et Gobelins les traquaient. Hathiel poussa un cri.

- Seigneur ! s'exclama-t-elle, il en sort de partout Gandalf !

En effet il en venait même du plafond. Bientôt la Communauté fut encerclée. Ils s'attendaient à être attaquer, mais un étrange grognement mit leurs ennemis en fuite.

- Quel est ce nouveau maléfice ? interrogea Boromir.

Gandalf ferma les yeux. Il avait tant redouté cet instant depuis leur entrée dans le monde souterrain. Le magicien avait tenté de les préserver. Malheureusement, il avait échoué. Il reconnaissait à présent son plus grand ennemi.

- Un Balrog, murmura Gandalf, un démon de l'ancien monde. Cet adversaire est plus fort que vous...Courrez !

Ils reprirent leur course vers le pont, sachant à présent que c'était leur dernière chance. Ils arrivèrent à un escalier qui les mèneraient vers la sortie. Legolas et Hathiel menaient la troupe. Ils se stoppèrent, découvrant que l'escalier était divisé par un gouffre, là où la pierre s'était brisée. Legolas sauta et atterrit de l'autre côté. Hathiel ramena les pans de son kimono et sauta. Legolas la saisit à la taille et la déposa à ses côtés. Gandalf hésita, mais réussit à franchir le gouffre avec l'aide de l'elfe. Isenia attrapa la main de son compatriote et enjamba le vide. Boromir traversa avec Merry et Pippin. Mais les Gobelins n'en avaient pas fini avec eux. Ils tiraient leurs flèches meurtrières à une bonne distance. Legolas banda son arc, mais Isenia le lui prit des mains.

- Finissez de les faire passer ! ordonna-t-elle, Hathiel s'occupe des archers !

L'elfe croisa le regarda de l'asiatique qui hocha la tête puis passa une main dans son dos où se trouvait son carquois. Aragorn se pencha en avant et lança Thrylia qui retomba dans les bras de l'elfe. Le rôdeur aida Sam, mais Gimli refusa quand Aragorn voulut le lancer. Ils avaient presque tous traversé, mais l'escalier où se trouvaient les deux derniers membres de la Communauté menaça de s'écrouler. Le gouffre les séparant de leurs amis s'élargissait. Un tremblement fit s'effondrer un morceau de la paroi qui détruisit le passage derrière eux. Frodon et Aragorn se trouvèrent donc piégés sur un pilier plus qu'instable.

- Penchez vous Frodon, lui dit Aragorn.

Hathiel poussa un cri étouffé. Isenia se retourna. Son amie avait une flèche fichée dans l'épaule. Tenant toujours l'arc de Legolas elle prit la relève. Le pilier d'Aragorn et Frodon partit en avant. Ils sautèrent au dernier moment et furent rattrapés par Gandalf et Boromir. Aragorn récupéra Thrylia, cette dernière ne réagissait plus. Ses paupières étaient closes et son teint blafard. Hathiel tendit son arc à Legolas, n'étant plus dans la capacité de décocher ses flèches. La Communauté reprit sa course effrénée.

- Vers le pont ! les encouragea Gandalf, dépêchez-vous !

Isenia s'arrêta et découvrit Gandalf faisant face aux flammes. Hathiel lui prit la main et la força à poursuive. Ils franchirent le pont. Mais le magicien se stoppa au milieu, servant de barrage au Balrog. C'était un monstre fait d'ombre et de feu. Chacun de ses pas faisaient trembler la mine, sa crinière était un feu follet et son souffle telle la chaire carbonisée.

- Vous ne passerez pas ! hurla le magicien.
- Gandalf ! l'implora Frodon.
- Je suis un serviteur du feu secret, cria le vieil homme à la créature, détenteur de la flamme d'Anor ! Le feu sombre ne vous servira à rien flamme d'Udûn !

Elevant son bâton au-dessus de lui, il créa un globe de lumière qui tint lieu de protection. Une épée de feu frappa le bouclier. Gandalf encaissa l'attaque.

- Repartez dans l'ombre ! ordonna-t-il, vous ne passerez pas !

Sur ces paroles, le magicien tapa le sol de son bâton. Le pont se brisa sous le poids du Balrog qui tomba avant d'avoir pu saisir le vieillard. Gandalf soupira et se retourna. Il pensait en avoir terminé mais le fouet de la créature l'attira vers lui. Le magicien se retint d'une main, il tenta en vain de se hisser.

- Non ! cria Frodon retenu par Boromir, Gandalf !
- Fuyez pauvres fous, leur dit-il.

Puis le mage se laissa basculer dans les abysses.
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#Posté le dimanche 27 décembre 2009 11:18

Chapitre 4





Ils retournèrent à l'air libre. Leur courage venait d'être réduit à néant. La force et l'esprit qui les réunissaient venaient d'être englouties par le mal, les laissant dans un total désespoir. Comme si le temps s'était stoppé, ils cherchaient à comprendre. Il fallu pourtant que l'un d'entre eux se ressaisisse. Aragorn fronça les sourcils et fit un effort surhumain pour de ma laisser transparaître la douleur qui lui tailladait le c½ur. Qu'allaient-ils tous penser de lui ? Qu'il restait insensible à la perte de cet homme qu'il admirait tant ? Qu'aucune mort ne pouvait l'affecter ? Et pourtant toute son âme criait en lui, et l'accablait. Pourtant, il resta impassible. Les hobbits pleuraient, au sol, ne tenant plus debout. Gimli s'acharnait contre Boromir, cherchant à retourner à l'intérieur des mines. Isenia fixait le vide, comme si un brin de courage allait lui apparaître.

- Legolas ! lança Aragorn à l'attention de l'elfe, relevez les !

Ce dernier mit plusieurs secondes avant de se tourner vers Merry et Pippin, les aidant à se remettre sur leurs jambes. Il ne dit rien, son visage trahissait sa douleur et sa peine. Il se tourna ensuite vers Isenia, Hathiel à ses côtés pressait son épaule blessée.

- Accordez-leur un moment par pitié ! implora Boromir.
- Dès la tombée de la nuit les collines grouillent d'Orques ! beugla Aragorn, il nous faut atteindre les bois de la Lothlorien...Allons Boromir, Legolas, Gimli, Hathiel...relevons les...

Tous cela s'exécutèrent de leur mieux. Hathiel s'occupa d'Isenia, qui passa une main sur ses yeux, pour se ressaisir. Il fallait qu'elle garde les idées au clair, sinon elle ne serait plus utile à personne et elle aurait échoué. Tout n'était pas encore perdue, elle pouvait encore aider Frodon. Tant qu'elle vivrait et pourrait encore respirer elle se joindrait à eux. Même si pour cela il faudrait qu'elle rampe ou escalade une montagne à une main. Elle croisa le beau regard de Hathiel. Cette dernière passa sa main libre dans les cheveux de son amie et lui adressa un faible sourire. Qui disparu en une grimace quand elle découvrit le corps inconscient de Thrylia dans les bras du rôdeur. Elle boitilla au plus vite à ses côtés.

- Thrylia...dit-elle dans un souffle et passant une main dans ses cheveux de feu, Thrylia ! Réveillez vous !
- Ecarte toi, ordonna Isenia en s'approchant, ...c'est bien ce que je pensais...je ne peux pas la soigner...il faut qu'elle atteigne les bois au plus vite...partons...

Aragorn confirma d'un hochement de tête. Ils se rassemblèrent et reprirent leur route à travers les collines. Le temps pressait. Tous étaient épuisés, blessés, et accablés. Mais il fallait tenir encore un instant. Tout ce qu'espérait Aragorn, ainsi que les autres guerriers, c'était qu'ils ne se fassent pas attaquer jusqu'à leur entrée dans les bois de la Dame de Lorien. Le rôdeur jetait des regards répétés à la jeune Amazone qui reposait dans ses bras. Un mince filet de sang avait séché sur sa joue et ses paupières closes prenaient une teinte violacé. Son teint d'ordinaire déjà si pâle prenait des dégradés grisâtres plus qu'inquiétant. Aucun spectre ne l'avait attaqué, pourquoi passait-elle donc ainsi dans le monde des ombres ? Seule Isenia paraissait connaître son mal. Si elle disait que les bois était sa seule chance, c'est que c'était ça seule chance.

- On y est presque ! fit Legolas en apercevant le ruisseau bordant le domaine des elfes.
- Pourvu qu'il ne soit pas trop tard...murmura Isenia.

La Communauté s'élança dans la prairie. Les rayons dorés du soleil couchant les accueillirent. Aragorn s'arrêta, sentant des mouvements entre ses bras. Il remarqua alors que la jeune femme ouvrait lentement les yeux, ses paupières retrouvant la couleurs des feuillages de son pays qui abritaient son peuple. Sûrement une particularité de cette tribu. Elle le regarda et posa une main sur sa tempe.

- Ouille, grogna-t-elle, que s'est-il passé ?
- Vous avez perdu connaissance...Vous ne vous souvenez pas ?
- Ah, soupira-t-elle, la mine...cet obscurité...le soleil...
- Vous souffrez de l'absence de lumière, conclut Aragorn, c'est pour cela qu'il nous fallait atteindre la Lothlorien...son ciel est dégagé de tous nuages...

Elle sourit et insista pour marcher avec les autres, mais Aragorn continua de la porter. Elle surestimait ses forces, comme tout le monde d'ailleurs. La jeune femme jeta un regard navrée à ses amies, et vit leur visage décomposée. Elle mit plusieurs minutes avant d'oser demander :

- Où est Gandalf ?

Elle ne reçut aucune réponse, si ce n'est un regard. Serrant les dents, Thrylia se retint de pleurer, elle remarqua à peine qu'ils entraient dans les bois. Ils ralentirent l'allure, guettant les elfes habitant cette forêt. Gimli avançait en tête, suivi des hobbits. Legolas et Boromir fermaient la marche, l'½il aux aguets. Isenia tendit l'oreille écoutant le chant des arbres. Presque tous apaisés, seul Gimli était des plus nerveux.

- Ne vous éloignez pas jeunes hobbits, dit-il à Frodon et Sam, on raconte qu'une grande ensorceleuse vit dans ces bois. Une sorcière Elfe, aux terribles pouvoirs. Tous ceux qui l'ont regardée sont tombés sous son charme, et on ne les a jamais revu. Et bien, voici un nain qu'elle n'envoûtera pas si aisément...

Hathiel arrêta d'avancer. Ses sourcils se froncèrent et la peur se lu dans son visage. Boromir s'en aperçu et se tourna vers elle. La jeune guerrière pivota sur elle-même et un lança un grognement guttural à l'adresse d'un des arbres. Le reste de la troupe ne sembla pas sans émouvoir, Gimli continua sa tirade :

- J'ai l'½il du faucon et les oreilles du renard !

Il tourna la tête et se retrouva nez à nez avec une flèche. Les soldats elfes de la Dame de la Lorien les entourèrent. Legolas sortit son arc, près à les affronter, Isenia se tenait également prête auprès de Boromir, elle ne pu se retenir de commenter :

- Vigoureux chasseur dont les yeux n'ont cure des distances et dont l'ouïe est si fine aurait-il oublié d'enlever son casque ? Ou bien ne sent-il plus ses chevilles enfler ?
- Le nain respire si fort que nous aurions pu le tuer dans le noir.

L'elfe qui venait de s'adresser à eux était sûrement le commandant de ces légions. Il détailla un instant Gimli puis fixa Aragorn lorsque celui-ci lui parla en sa langue, quémandant de leur aide et leur protection.

- Aragorn ! reprit le nain, ces bois sont dangereux, rebroussons chemin !
- Vous êtes entrés dans le Royaume de la Dame de la Lorien, continua le commandant elfe nommé Haldir, vous ne pouvez en partir...

Ce fut ce moment que choisi Hathiel pour s'effondrer au sol. Isenia se précipita à ses côtés. Elle examina la blessure que son amie avait à l'épaule, elle jura. Evidemment Merry et Pippin trouvèrent cela amusa pour une noble Dame, mais Isenia n'avait pas envi de rire. Elle aurait du s'occuper de cela plus tôt. Les flèches des Gobelins étaient empoisonnées. Comment avait-elle pu laisser ce détail lui échapper ? Haldir reprit en effectuant un geste de la main. Un de ses archers rangea son arme et s'empressa de soulever Hathiel du sol, partant avec les autres dans les bois.

- Venez, fit Haldir, elle vous attend...


Il atteignirent les grand arbres de la Lothlorien à la tombée de la nuit. Le Royaume était lumineux et bâtit autour de grand arbres qui s'élevaient haut, au centre de la forêt. La Communauté gagna le palais, se situant au sommet d'un grand escaliers de diamant. Thrylia et Hathiel n'étaient pas avec eux. Haldir les avait fait conduis auprès des elfes guérisseurs. La magie d'Isenia aurait largement valut la leur, l'inconvénient était qu'elle avait besoin de repos et d'une concentration extrême pour utiliser ce genre de soin. Son état actuel ne lui permettait pas d'intervenir auprès de ses amis. Elle en était terriblement affectée, mais ne le montra pas. La Communauté s'alignait devant les deux souverains. Le roi de la Lothlorien leur parla :

- Onze sont ici alors qu'ils étaient douze en quittant Foncomb. Dites-moi où est Gandalf, car j'aimerais vivement m'entretenir avec lui...
- Il a basculé dans l'Ombre, répondit Galadriel, la Dame de la Lorien, après avoir sondé leur c½ur et leur esprit. Votre quête ne tient malheureusement qu'à un fil...écartez-vous en un temps soit peu, et ce sera l'échec. Entraînant la ruine de tous...

Elle se tu, les examinant un instant, fixant son regard envoûtant sur Boromir. Isenia hésita, puis comprenant que son ami souffrait, elle s'interposa, rompant le lien mental que la reine imposait. La princesse elfe serra des dents. On ne pouvait se permettre d'exercer son influence sur des voyageurs sous prétexte de mettre en garde, les torturant inutilement. Tous savaient déjà qu'ils ne devaient en aucun cas s'éloigner de leur but ultime.

- Mais l'espoir perdure tant que la compagnie existe, reprit Galadriel souriant devant le regard déterminé de la jeune femme, Ne laissez pas vos c½urs se troubler. A présent, allez prendre un peu de repos. Car vous êtes accablés par le labeur et le chagrin. Cette nuit vous dormirez en paix...



Ils étaient installés au bas des arbres, à l'abris, au creux de leurs racines. Leur campement était sommaire, mais ils avaient tenu à se rassembler un instant, reculé des elfes de la Lorien, acceptant le deuil entre eux. Revenant d'une fontaine, une jarre en argent dans les mains, Legolas tendit l'oreille, alors que des chants mélancoliques s'élevaient dans les air.

- Une complainte pour Gandalf... constata-t-il.
- Que disent-ils de lui ? demanda Pippin.
- Je n'ai pas le c½ur à vous la traduire, répondit l'elfe l'air accablé, ma peine est encore trop récente...

Des pas effleurant l'herbe se firent entendre. Isenia releva la tête. Allongée dans l'herbe, elle faisait danser les feuilles qui atterrissaient autour d'elle. La Communauté poussa un soupir de satisfaction reconnaissant leurs camarades. Thrylia leur fit face, un faible sourire naissant sur son visage.

- Navrée de vous avoir inquiété, s'excusa-t-elle, je serais plus prudente la prochaine fois...j'aurais du savoir que j'étais plus faible sous terre...
- Quant à moi, intervint Hathiel, je n'ai aucune excuse...mais je me rachèterais...bonne soirée...

Sur ces mots, elle s'éloigna et alla s'installer derrière une racine. La Communauté la vit disparaître. Thrylia allait partir à sa rencontre, mais Aragorn lui rattrapa le bras. Il lui adressa un sourire puis alla s'installer aux côtés de Boromir. Assise en tailleur, la princesse elfe fut rejointe par son compatriote et l'Amazone. Cette dernière soupira.

- Ne pas la rejoindre, dit-elle, c'est la laisser penser qu'elle est une incapable...
- Elle fait parti de la Communauté au même titre que nous, lâcha Legolas, il faut seulement qu'elle en prenne conscience...laissons lui un moment...
- Elle a toujours été mise à l'écart de ces affaires, expliqua à son tour Isenia, contrairement à moi qui est été enrôlée très jeune dans l'armée de mon père.
- Tout à été chamboulé ! s'énerva l'Amazone en tapant du poing sur l'herbe, la mort de Gandalf est une tragédie qui n'aurait jamais du arriver ! Nous avions mal calculé notre coup !

Ils se turent. Ils étaient partagés entre ce sentiment de culpabilité et leur force de caractère. Ils étaient conscient que rien ne pouvait ramener le magicien, et qu'aucun d'entre eux ne devait avoir l'impression que la mort de leur ami était de son fait. L'une d'eux commençait à flancher, oubliant qu'elle était une guerrière, et que comme eux, elle devait connaître les pertes et les sentiments qui s'y associaient. Il fallait du temps, du courage...d'un de ces deux éléments leur manquait. Ils dînèrent rapidement, après qu'on leur eu porté des vivres, afin qu'ils n'aient pas à prendre sur leur ration. Quelques heures après, alors qu'ils étaient rassemblés en cercle, Isenia tourna vivement la tête et sourit. Hathiel se tenait à ses côtés. Elle avait pleuré.

- Puis-je me joindre à vous ? demanda-t-elle.
- Nous vous attendions, lui répondit Aragorn avec un franc sourire.
- Je vous remercie.

Boromir s'écarta, faisant de la place entre la princesse elfe et lui. Hathiel prit place auprès de ses compagnons. Aragorn hocha la tête. Il songea à Gandalf. Même s'il n'était plus, il serait à leurs côtés jusqu'au bout. Sa disparition avait laissé un vide, mais leur force et les liens qui les unissaient parviendraient à fédérer la Communauté. Ils dormirent paisiblement cette nuit, sous la protection des elfes.
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#Posté le lundi 28 décembre 2009 05:49

Modifié le mardi 29 décembre 2009 06:10

Chapitre 5





Le lendemain, il leur fallut repartir. Leur quête ne pouvait attendre, et ils s'étaient assez reposer pour pouvoir poursuivre leur voyage. Il quittèrent la Lothlorien à bord de gondoles. Les elfes les saluèrent à leur passage, et les regardèrent s'éloigner vers leur sombre destinée. Ils voguaient sur le Grand Fleuve. Hathiel et Thrylia, à bord de la même gondole que Gimli et Legolas, regardaient les clapotis de l'eau clair contre leur barque. De temps à autre un poisson sautaient hors de l'eau et les éclaboussait. En milieu de journée, après s'être relayés, Hathiel somnolait dans la barque quand soudain elle sursauta et se tourna vers la rive Ouest. Elle se pencha. L'Amazone la tira en arrière.

- Vous êtes folle ! lui dit-elle, vous allez nous faire chavirer !
- Il y a quelque chose là-bas, lâcha l'asiatique.
- Des Orques ? s'enquit l'Amazone.
- Non, autre chose... Legolas ! Vous le sentez vous aussi n'est-ce pas ?

Elle pivota vers l'elfe, Gimli regarda le jeune homme qui plissa les yeux en direction des arbres. Il ne vit rien, à son grand regret. Pourtant Hathiel avait raison. Une présence lui apparaissait nettement. Il se remit à ramener un peu plus rapidement. Deux jours plus tard, ils atteignaient l'Argonath. Ils passèrent entre les deux statues représentants les anciens rois. Un peu plus loin ils accostèrent sur la rive ouest. Descendant des barques, Hathiel jeta un regard en biais à Boromir. Il fixait Frodon. Elle s'en détourna et aida à faire le feu. Quelques minutes plus tard, Aragorn donna les indicatives :

- Nous traverserons le lac à la tombée de la nuit, annonça-t-il, nous cacherons les bateaux et continuerons à pieds. Nous atteindrons le Mordor par le Nord. En attendant...Boromir et Thrylia iront guetter les environs.
- Il nous suffira simplement de trouver notre chemin à travers Emyn Muil, bougonna Gimli, fumant sa pipe, un labyrinthe infranchissable fait de rochers coupant comme des rasoirs. Et après cela, ce sera encore mieux ! Une région de marécages gluants et puants à perte de vue.

Isenia eu un léger sourire en coin, alors qu'elle observait les réactions des hobbits. Pippin déglutit avec difficultés. Elle lui lança une tape amicale dans le dos. Legolas, approchant des arbres, fronça les sourcils et se rapprocha du rôdeur, alors que ce dernier continuait de discuter avec Gimli.

- Oui c'est notre route. Je vous conseille de prendre du repos afin de retrouver vos forces Maître Nain.
- Retrouvez mes... s'étrangla Gimli.

Il se mit à marmonner dans sa barbe sous le regard amusée des cousins et d'Isenia.

- Nous devrions partir maintenant, suggéra l'elfe blond.
- Non, fit Aragorn, des Orques patrouillent sur la rive Est. Il vaut mieux attendre que l'obscurité nous cache.
- Ce n'est pas la rive Est qui m'inquiète...Une ombre et une menace grandissent dans mon esprit. Quelque chose approche je le sens.
- Où est Frodon ? demanda soudain Merry.

Thrylia émergea d'entre les feuilles, épée en main. Elle se massait le crâne et serrait ses dents blanches avec une rage évidente et non contenue. Elle se présenta face à Aragorn et lui remis le cor des Amazones, brisé.

- Boromir m'a assommé ! s'insurgea-t-elle, il a brisé le Cor des Amazones. Je n'ai pu appelé de l'aide...
- Frodon est en danger ! s'écria Hathiel en se précipitant vers Aragorn.
- Mais qu'est-ce que ... ? fit le rôdeur alors qu'elle posait une main froide sur sa joue.
- Chut ! Regardez !

Comme devant l'entrée de la Moria les yeux d'Hathiel se voilèrent de blanc. Cette fois-ci, ceux d'Aragorn également. Il cessa de parler et resta immobile. La même expression impassible que l'asiatique se déposa sur son visage. Puis elle retira sa main et tout redevint normal.

- C'est ici que vous le trouverez, dit-elle, faites vite !

Aragorn hocha la tête et partit en courrant entre les arbres. Isenia croisa le regard de ses amies et se mit à ranger le reste des affaires. Les hobbits s'interrogèrent du regard, ne comprenant pas ce qu'il se passait. Des cris leur parvinrent. Hathiel ferma les yeux.

- C'est trop tard...
- Pas assez rapide hein ? demanda Thrylia en grimaçant.
- En effet...
- Allons aider Aragorn.
- Nous venons ! s'écria Sam.
- Non ! ordonnèrent les jeunes femmes, vous restez ici...
- Notre ami est en danger ! enragea Merry.
- Je vous en prie, fit Isenia, laissez-nous faire...

Les deux elfes, l'Amazone, Gimli et Hathiel ramassèrent leurs armes et s'éclipsèrent parmi les arbres. Il zigzaguèrent entre les troncs. Hathiel les guida, sachant où retrouver le rôdeur. Ils se retrouvèrent près de ruines où se déroulaient un effroyables combat. Les monstres qu'affrontait seul Aragorn étaient encore plus effroyables que les Orques.

- Aragorn ! hurla Thrylia en se précipitant pour lui prêter main forte, où est Frodon ?
- Dans la forêt ! répondit-il, attention !

Il l'attira contre lui, tendant son épée sur le flanc. Leur adversaire fut tranché en deux. Quelques mètres plus loin, Isenia tendit son pied vers le sol, souleva le manche d'une épée avec, la rattrapa en l'air. Elle pivota et trancha l'air. Elle effectua une rotation avec le manche et enfonça son épée dans le ventre de son adversaire qui arrivait derrière. Elle fut projetée un peu plus loin. Tournoyant, elle atterrit sur ses jambes et lança une dague dans le front d'une créature. C'était une bête affreuse, un croisement entre Orques et Gobelins : des Uruk-hai ! Derrière elle, la princesse asiatique effectuait une danse légère et maîtrisée avec ses sabres. Elle écarta les pans de son kimono d'une main et fendit l'air avec sa jambe. Un poignard, accrochée au niveau sa cheville, percuta la tête de ses cibles et leur arracha une partie du visage. Aragorn devait rejoindre Frodon, le protéger des tueurs qui le poursuivait. Gimli lui fraya un passage en se jetant sur ses monstres, hache un main. Sa technique de combat fut récompensée.

- Allez-y Aragorn ! hurla Legolas en décochant ses flèches.

Le rôdeur acquiesça et s'élança dans les bois. Le reste des Uruk-hai allait se lancer à sa poursuite, mais une silhouette gracile, vêtu légèrement et laissant traîner la pointe de son épée au sol, se posta devant eux. Un sourire narquois s'étalait sur son visage d'ange. Elle s'humidifia les lèvres en passant sa langue dessus. Puis elle rigola légèrement.

- Je crois que vous vous trompez de chemin messeigneurs, leur dit-elle en penchant la tête sur le côté.

Ils lui répondirent pas un grognement. L'Amazone leva les yeux au ciel, comme si elle était déçue de la réponse, mais qu'elle comprenait qu'elle ne pouvait s'attendre à mieux. Elle reprit, toujours souriante :

- Je vous conseille vivement de repartir dans l'autre sens. Si vous refusez, je me verrais obligée de tous vous exterminez jusqu'au dernier. Parce que voyez vous, cet homme m'a sauvé la vie...j'ai donc une dette envers lui. De plus, vous voulez tuer un autre de mon compagnon, je me dois donc de le protéger. Et de plus...je vous trouve affreusement laids et bêtes...et comme je ne prêche que par la beauté...

Elle ne termina pas sa tirade, car l'un des Uruk-hai venait de lever son épée, encourageant les autres à faire de même. Ils s'avancèrent d'un pas menaçant. Thrylia soupira. Elle tendit sa main en avant, comme si elle cherchait à les arrêter par ce simple geste. Puis, sans s'arrêter de sourire elle murmura :

- Razak !

Un serpent de flammes jaillit de sa paume et alla dévaster les Uruk-hai, les brûlant vifs, sur plusieurs mètres. Comme une langue de feu, la magie s'étala, glissant sur les créatures et s'attaquant à leur chaire, ne touchant qu'eux seuls sans toucher à la végétation environnante. La plupart des adversaires se retrouva au sol. De son côté, Hathiel se retrouvait face à un adversaire tenace. Elle l'avait touché à de nombreuses reprises, mais ce dernier se refuser à trépasser. Elle bougonna.

- Bon ! cria-t-elle, tu vas mourir oui !

De son épée, l'Uruk-hai fendit l'air à l'horizontal. Hathiel l'évita d'un bond en arrière.

- Oh ! Mais ça suffit !

Il exécuta le même geste. Encore une fois elle l'évita d'un bond en arrière.

- J'ai... dit...

A chaque mot elle était coupé par un nouvel assaut. Cela commençait à sérieusement l'agacer. Surtout qu'elle allait se retrouver coincée contre un arbre tôt ou tard.

- ...ar ...rê ...te ...de ...m'at ...ta ...QUER !!!

Sur cette dernière syllabe, elle sauta en l'air, posa ses deux pieds sur la lame de l'épée qui se trouvait à l'horizontal et enfonça son sabre de haut en bas dans la tête du monstre avant d'atterrir élégamment au sol. Elle entendit un bruit mat, et grimaçant, elle se retourna pour voir un monstre basculer sur le côté, une flèche dans la tempe. Elle se tourna vers Legolas et lui sourit. Il le lui rendit. Les monstres cessèrent d'affluer. Isenia occis le dernier avec un magnifique coup de tête qui étonna tout le monde au passage. Le reste de la troupe rejoignit Aragorn qui avait été ralentit dans sa course dans les bois. Le combat reprit.

- Ecartez-vous ! hurla l'Amazone, RAZAK !!!

Un nouveau jet de flamme réduit à néant une partie des adversaire. Legolas aidait Gimli à se redresser lorsqu'un bruit se fit entendre.

- Le cor du Gondor ! reconnu Legolas.
- Boromir ! fit Aragorn en comprenant que leur ami se trouvait seul face aux forces ennemis.
- Partez devant Aragorn ! lui conseilla Isenia, nous les retardons !
- Je vais avec vous ! lâcha Thrylia en s'élançant à la poursuite du rôdeur.

Ils se séparèrent donc, afin de détruire ces hordes d'Uruk-hai. Gimli était éberlué par l'imposante musculature de ces nouveaux personnages. Lui qui ne craignait aucun adversaire – parce que les nains étaient de vaillants guerriers, mais pas très conscient de la puissance des autres rappelons-le -, il se rendait compte petit à petit à quel point Saroumane pouvait aller pour s'emparer de l'Anneau et anéantir la Terre du Milieu. Tous les moyens étaient bons, même ce croisement odieux entre espèces. Il avait ainsi former ses plus fidèles et plus valeureuses créatures. Au bout de quelques minutes, ils purent rejoindre Aragorn et Thrylia. Les cherchant des yeux, ils les virent, accroupis près d'un tronc d'arbre.

- Oh non, souffla l'asiatique en se tournant vers Isenia.
- Boromir... murmura cette dernière, une unique larme coulant sur sa joue.

Thrylia avait les yeux rivés vers le sol. Elle les releva doucement vers eux, secouant négativement la tête. De longues mèches rousses tombèrent devant ses yeux. Sa chevelure semblait comme son âme et son courage, éteinte. Elle ne brillait plus de la même foi. La main d'Aragorn se posa sur celle de l'Amazone et la serra. Ils respectèrent tous un instant de silence. Certains gardant les yeux baissés, fuyant la douleur. Ils venaient de perdre un deuxième compagnon. Merry et Pippin avaient été enlevés par la troupe des survivants Uruk-hai. Ils portèrent le corps de Boromir jusqu'aux gondoles. Il posèrent son corps dans l'une d'elle, avec ses armes et laissèrent la barque dériver jusqu'aux chutes d'eau. Frodon et Sam cherchaient à rejoindre l'autre versant de la rivière. Legolas se précipita sur la gondole restante et la mit à l'eau tout en s'écriant :

- Dépêchez-vous ! Frodon et Sam vont atteindre la rive orientale !

Aragorn ne bougea pas. Les autres non plus d'ailleurs.

- Vous n'avez pas l'intention de les suivre, reprit Legolas en revenant sur ses pas.
- Le destin de Frodon n'est plus entre nos mains, fit le rôdeur, regardant disparaître le Porteur de l'Anneau entre les arbres.
- Alors tout aura été fait en vain, commenta Gimli, la Communauté a failli...

Tous se réunirent autour d'Aragorn. Isenia jeta un regard en biais à ses compagnons. Ils étaient tous divisés. En retrait, enlevés ou morts...Soudain, le rôdeur se redressa, et leur fit face.

- Pas si nous restons loyaux envers les autres ! dit-il, nous n'abandonnerons pas Merry et Pippin à une mort atroce. Pas tant qu'il nous restera des forces ! Débarrassons-nous de tout ce qui n'est pas nécessaire. Voyageons légers...allons chasser de l'Orque !

Sur ces mots, il sourit et s'engouffra à nouveau dans la forêt. Gimli poussa un cri de joie, leur sourit et partit à la suite d'Aragorn. Thrylia tapa dans ses mains, ramassa rapidement ses affaires. Les autres firent de même et s'élancèrent à leur tour entre les arbres. Sombre était le passé, funeste était le présent, de nouveau la Communauté se préparait à affronter un futur plus qu'obscure, mais plus unis que jamais, c'est guidés par Aragorn qu'ils s'engagèrent sur les sentiers à la poursuite des Uruk-hai, afin de porter secours à leurs amis.
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#Posté le lundi 28 décembre 2009 08:27

Chapitre 6





Aragorn était au sol, collant son oreille contre la pierre. Il écoutait les vibrations du sol, cherchant un moyen de savoir à quelle distance se situait la horde d'Orques qui emmenaient leur amis on ne sait où. Isenia plissait les yeux, l'½il aux aguets scrutant l'horizon. Le rôdeur se redressa.

- Ils ont forcé l'allure, constata-t-il, ils ont du flairer notre présence. Vite !

Il couru plus avant, Isenia et Thrylia à ses côtés. Puis Hathiel émergea d'entre les rochers, suivie par Legolas. Ce dernier s'arrêta et se tourna vers Gimli qui peinait à les rattraper. Le nain s'appuya sur sa hache, sans servant comme d'une canne pour escalader les monts rocheux. Et soupira.

- Allez Gimli ! encouragea l'elfe.
- Trois jours et trois nuits de poursuite, grogna le nain, sans manger ni se reposer. Et aucun signe de notre gibier alors que peut bien raconter un rocher ?!
- Ils nous aide plus que vos grognements ! s'écria Hathiel en sautant souplement de pierre en pierre.

Ils accélérèrent. Il leur fallait augmenter la vitesse de leur progression. La vie de Merry et Pippin dépendait d'eux. Bien que la fatigue les gagnait, ils ne devaient pas se laisser abattre et continuer à tout prix leur avancée. Isenia continuait toujours de percer le Nord de ses yeux d'elfes, elle espérait que bientôt, les Orques lui seraient visibles, ce qui signifierait qu'ils touchaient au but. La Communauté traversa les plaines, les collines, les montagnes, tous les plateaux leurs étaient favorables, ils pouvaient ainsi augmenter leurs enjambées. Ils ne rencontrèrent aucun obstacle réel. Pourtant quelque chose les tracassait : ils ne savaient absolument pas si leurs deux compagnons vivaient encore ou non. Hathiel passait son temps à se plonger dans son inconscient sous les ordres d'Aragorn, afin d'obtenir une vision rassurante. A chaque fois elle les rassurait, leur affirmant que les hobbits étaient encore vivants, épuisés certes, mais vivant. Mais Gimli doutait de ses prémonitions et les décourageait de croire en ces « balivernes ». En traversant des gorges rocheuses, Aragorn se stoppa et observa le sol. Il ramassa un objet.

- Non sans raison tombent les feuilles de la Lorien, soupira-t-il.
- Ils sont peut-être en vie, fit Legolas.
- Je vous l'affirmais tantôt...lâcha Hathiel fixant l'elfe de ses yeux noirs.
- Et ils ont moins d'un jour d'avance, diagnostiqua Thrylia, il faut continuer !

Ils reprirent leur course. Legolas se tourna pour voir Gimli rouler sur un rocher et tomber au sol. Tandis qu'il se relevait, le jeune elfe se retint de rire et se contenta d'informer son compagnon de leur progression. Il lui cria :

- Plus vite Gimli ! Nous gagnons du terrain !
- Les longues distances m'épuisent, se plaignit le nain, nous les nains nous sommes des sprinters redoutables...sur de courtes distances !

Arrivée au sommet des gorges rocheuses, ils firent une halte. Découvrant une étendue folle de plateaux et de forêts. Thrylia fit un bond et se position accroupie au côté d'Hathiel qui se trouvait sur le rocher le plus élevé. Aragorn fut soulagé d'atteindre ces nouvelles terres...mais ce sentiment se dissipa vite, alors qu'il prenait conscience de l'ombre qui s'étendait sur eux.

- Le Rohan, dit-il, pays des Seigneurs des Chevaux ! Quelque chose d'étrange est à l'½uvre ici...une force maléfique donne des ailes à ces créatures et se dresse contre nous...

Ils hochèrent la tête. Isenia et Legolas partirent devant et scrutèrent l'horizon, cherchant du regard une trace des Orques, un indice que les autres avec leurs yeux de mortels ou même immortels ne pouvaient voir. Aragorn hurla à l'attention des deux autres :

- Que vois vos yeux d'elfes ?!
- Leurs traces dévient au Nord Est ! répondit Isenia.
- Ils conduisent les hobbits en Isengard ! comprit Legolas.
- Saroumane...

Hathiel fronça les sourcils et essaya de se concentrer sur son inconscient, se plongeant dans un état second, cherchant une réponses à ses questions. La vision vint. Une bonne nouvelle. Les Uruks avaient l'intention de s'arrêter. Ils leur manquaient quelque chose pour pouvoir tenir comme eux, la détermination et la solidarité qu'ils avaient envers leurs amis. Parce qu'en réalité...ils ne connaissaient pas l'amitié. La troupe continua son chemin, courrant sur les plaines, voilant presque, évitant les rochers, maintenant une allure constante. Ils ne devaient pas ralentir. Ils y étaient presque ! Le sort de leurs amis était entre leurs mains. Mais les Uruk-hai étaient plus rapide, et leur marches étaient des plus pressée. Mais comme l'avait prévu Hathiel, ils allaient se fatiguer plus vite.

- Ils courent comme si les fouets de leurs maîtres étaient à leurs trousses !

Et il avait raison. Ces monstres devaient tellement craindre la fureur de Saroumane, qu'ils s'épuisaient au-delà de tout pour pouvoir le satisfaire. Isenia se concentrait sur ses jambes qui foulaient à peine le sol. Son sang d'elfe noir bouillonnait dans ses veines, il lui faudrait affronter bientôt une nouvelle épreuve, et se maudire à nouveau. Mais à cette allure, elle se réduirait à l'existence d'une mortelle. Elle entendait à ses côtés Gimli qui se répétait « il faut respirer ! C'est la clé ! Respirer ! ». Elle tirait des sourires amusée avec Thrylia à chaque paroles du nain. Le pauvre ne tiendrait pas longtemps la cadence. Thrylia s'étonna même qu'il put encore tenir debout. La nuit tomba. Ils s'arrêtèrent une heure à l'abris des rochers, sous les conseils d'Isenia. Ils avaient une marge de répit, et il fallait que Gimli reprenne son souffle. Ils ne firent pas de feu. Hathiel et Thrylia partirent pendant quelques minutes et elles revinrent avec des baies. Elles assurèrent être comestibles. Ils se restaurèrent au minimum, puis reprirent la route, mais marchant de temps à autres. Thrylia protestait :

- Chaque instant de perdus est un nouveau risque pour les hobbits...disait-elle.
- Si nous n'économisons pas nos forces, lança Legolas, aucun de nous ne survivra à l'affrontement...
- Je suis inquiète, fit Hathiel, le futur s'efface...mon inconscient me brûle...les visions me sont désormais proscrites...

Ils fallaient comprendre qu'ils étaient à présent aveugles. Du moins en ce qui concernait Merry et Pippin ainsi que la progression des Orques. La nuit passa, et au matin, ils touchaient presque au but, ils le savaient. Legolas s'arrêta et dit à Hathiel :

- Un soleil rouge se lève. Beaucoup de sangs ont du couler cette nuit...

Quelques heures plus tard, pistant toujours la trace des Uruks, Aragorn se redressa subitement alors qu'il examinait le sol. Il fit signe aux autres de le suivre, et alla se cacher derrière un rochers. Le martèlement des sabots des chevaux se fit entendre, et une cavalerie passa devant eux, dévalant la colline. Aragorn sortit de sa cachette et se positionnant en haut, les rappela :

- Cavaliers du Rohan ! leur cria-t-il, quelles nouvelles des Hommes de la Marche ?!

Legolas, Gimli et les trois femmes se rassemblèrent autour de lui. Thrylia fronça les sourcils, remarquant que les cavaliers retournaient vers eux. Gimli émit un grognement, alors qu'Hathiel échangeait un regard avec Isenia. Bientôt ils furent encerclés, des lances en acier pointées sur eux. Thrylia serra les dents et siffla, elle porta une main au manche d'Hehindrill. Aragorn la stoppa d'un geste calme et délicat, mais sa voix était ferme.

- Non, lui ordonna-t-il, attendez...

Un homme émergea d'entre les autres, sa carrure imposante renforcée par une belle armure. Il portait un heaume, comme les autres, mais tout exprimait en lui le sang royal et l'autorité. Isenia plissa les yeux.

- Que font deux Elfes, un homme, deux femmes et un Nain dans le Riddermark ? s'enquit le commandant, répondez !
- Donnez moi votre nom dresseur de chevaux, répondit Gimli, je vous donnerez le mien...

Aragorn tira un faible sourire. Thrylia elle, éclata littéralement de rire, mais un coup d'Hathiel dans les côtes la fit taire. Elle reprit son sérieux, se tenant droit comme un piquet. Visiblement vexé, le cavalier descendit de sa monture et se rapprocha de Gimli.

- Je vous couperez volontiers la tête Nain, siffla-t-il entre ses dents, si elle sortait un peu plus du sol...
- Vous seriez mort au moindre geste ! s'écria Legolas.

Sur ces mots il tira une flèche, la positionna sur son arc et visa la tête du soldat. Toutes les lances se dirigèrent vers lui, le touchant presque. Hathiel tira son sabre et poussa un grognement, s'interposant entre Legolas et une partie des soldats.

- Essayez et vous verrez ! les menaça-t-elle.

Aragorn décida de mettre un terme aux hostilités. Il posa une main sur l'arc de l'elfe et une autre sur la main de la jeune asiatique. Ces deux là baissèrent leurs armes et se regardèrent, visiblement résolu à ne plus attaquer.

- Je suis Aragorn, fils d'Arathorn, se présenta le rôdeur, voici Gimli, fils de Gloïn, Legolas du Royaume Sylvestre, Thrylia des Amazones, Hathiel fille des Mages Blancs et Isenia de Tellehm'il...Nous sommes des amis du Rohan et de Théoden, votre roi.

Le regard du soldat s'attarda plus que nécessaire sur le beau visage d'Isenia. Cette dernière ne cilla pas, ses yeux bleus transperçant le regard du cavalier jusqu'à l'âme. Un coup de vent fit virevolter ses cheveux, et elle passa une main sur sa tête pour dompter les mèches brunes. Enfin l'autre répondit :

- Théoden ne reconnaît plus ses amis de ses ennemis, pas même les siens.

Sur ce, il retira son heaume. Le capitaine venait de donner l'ordre silencieux à ses soldats de baisser leurs armes, ce qu'ils firent. Soudain, les autres se sentirent beaucoup plus détendu et près à accepter de converser avec ce guerrier pas si accueillant que ça. Il s'avéra qu'il était Eomer, le neveu du roi Théoden. Il expliqua sa situation aux voyageurs :

- Saroumane a empoisonné l'esprit du roi, et a revendiqué la suzeraineté de ses terres...Mes cavaliers sont loyaux au Rohan et pour cela nous avons été bannis. Le Magicien Blanc est rusé. Il va et vient à ce que l'on dit...Vieillard enveloppé d'un manteau à capuchon. Et ses espions se faufilent partout à travers nos filets.

En même temps qu'il parlait, il se rapprochait de Legolas, un air suspicieux prenant peu à peu place dans ses yeux. Il resta un instant à les détailler, comme s'ils étaient des brigands. Hathiel serrait des poings. Bien qu'elle fut élevée dans une bonne société et dans les convenances, il lui prenait l'envie de frapper cet homme. Thrylia poussa un profond soupir.

- Vous êtes grossier monseigneur, commenta-t-elle.
- Nous ne sommes pas des espions, fit Aragorn avant que la discussion ne dégénère, nous pourchassons un groupe d'Uruk-hai en direction de l'Ouest. Ils ont emmenés captifs deux de nos amis...

Le regard d'Eomer s'assombrit. Il recula d'un pas, et fuyant leurs regards, passa une main sur son visage. Il réfléchit, apparemment bouleversé par ce qu'il venait d'apprendre.

- Les Uruks ont été détruits, leur apprit-il, nous les avons massacré pendant la nuit...
- Mais il y avait deux hobbits ! s'écria Gimli en s'avançant, avez-vous vu deux hobbits avec eux ?!
- Ils seraient petits, expliqua Aragorn, des enfants à vos yeux...
- Il n'y a pas de survivants...Nous avons empilés les carcasses et les avons brûlées...

Isenia plaqua une main sur sa bouche, imitée par Hathiel. Legolas baissa les yeux, alors que Gimli prononçait ce mot que tous redoutaient tant « morts ? ».

- Je suis désolé, leur dit Eomer les yeux baissés, Hasufel ! Arod ! Bugrin ! Puissent ces chevaux vous apporter meilleure fortune qu'à leurs premiers maîtres.

Il siffla et trois chevaux s'approchèrent. Legolas tint la bride d'Hasufel, Aragorn celui d'Arod et Isenia prit celle de Bugrin que lui tendit Eomer. Elle lui adressa un petit sourire las. Il le lui rendit avant de remettre son heaume et remonter sur son propre cheval.

- Chez vos amis, leur dit-il, mais n'ayez pas trop d'espoir, c'est peine perdue sur ces terres. Vers le Nord !

La cavalerie repartit et s'élança en direction du nord, comme l'ordonna le capitaine. Blessés dans l'âme les six compagnons les regardèrent s'éloigner. Enfourchant sa monture, Legolas tendit une main à Gimli, qui monta derrière lui. Isenia prit les rênes de Bugrin et laissa Hathiel grimpait à sa suite. Aragorn aida Thrylia à monter derrière lui. Elle se pencha et lui demanda.

- Que doit-on espérer encore ?
- Beaucoup, lui répondit-il, beaucoup...
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#Posté le mardi 29 décembre 2009 03:58

Modifié le mardi 29 décembre 2009 06:14

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